Etats-Unis: Sept morts, dont le tireur, lors d'une fusillade dans un temple sikh à Oak Creek

FAIT-DIVERS Les motifs de la fusillade, considérée comme du «terrorisme intérieur», restent flous...

avec AFP

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Un tireur a attaqué des fidèles dans un temple sikh dimanche à Oak Creek, dans le Wisconsin (nord), tuant au moins six personnes avant qu'il ne soit lui-même abattu, une nouvelle fusillade aux Etats-Unis qui intervient à peine plus de quinze jours après le drame d'Aurora.
Un tireur a attaqué des fidèles dans un temple sikh dimanche à Oak Creek, dans le Wisconsin (nord), tuant au moins six personnes avant qu'il ne soit lui-même abattu, une nouvelle fusillade aux Etats-Unis qui intervient à peine plus de quinze jours après le drame d'Aurora. — Tasos Katopodis afp.com

Un tireur a attaqué des fidèles dans un temple sikh dimanche à Oak Creek, dans le Wisconsin, tuant au moins six personnes avant qu'il ne soit lui-même abattu, une nouvelle fusillade aux Etats-Unis qui intervient à peine plus de quinze jours après le drame d'Aurora.

 

Quatre personnes ont été abattues dimanche en milieu de matinée à l'intérieur, et trois à l'extérieur, d'un temple de cette petite ville de 35.000 habitants dans la banlieue de Milwaukee, au nord de Chicago, selon la police locale. Par ailleurs, trois hommes, dont un policier, ont été transportés dans un état critique à l'hôpital Froedtert de Milwaukee, a indiqué une porte-parole de l'hôpital à l'AFP.

«Un acte de terrorisme intérieur»

Le président Barack Obama a exprimé dans un communiqué sa peine et loué la communauté sikhe qui «enrichit» les Etats-Unis. «Nous considérons qu'il s'agit d'un acte de terrorisme intérieur», a déclaré pour sa part le chef de la police locale John Edwards expliquant lors d'une conférence de presse que la sûreté fédérale (FBI) avait rejoint l'enquête.

Dimanche soir, la police a fait évacuer trois pâtés de maisons proches du domicile du tireur, à Cudahy, une banlieue de Milwaukee située à environ quatre kilomètres du temple sikh. La zone est bouclée, a indiqué à l'AFP un policier, tandis que des voisins du tireur l'ont décrit comme un homme agréable et paisible. C'est un homme blanc d'une trentaine d'années, selon des témoins cités par les médias locaux, qui a ouvert le feu à 10h30 locales (17h30 à Paris) aux abords de ce temple où avaient commencé à converger aux premières heures de la matinée plusieurs dizaines de fidèles devant assister à une cérémonie religieuse.

La police n'a donné aucune indication sur l'identité du tireur mais a confirmé qu'il avait été tué par un des policiers qui s'étaient rendus sur place après un appel téléphonique au service des urgences. La police avait craint à un moment qu'un second tireur ne se trouve dans le temple mais a ensuite indiqué que cela n'était pas le cas.

«On n'aurait jamais cru que cela pouvait nous arriver»

Selon le Milwaukee Journal Sentinel, l'homme avait commencé à tirer en s'approchant d'un prêtre qui se trouvait à l'extérieur du temple. Le président du temple, Satwant Kaleka, a été touché et hospitalisé, selon le journal qui cite des témoins. Selon la radio locale WAOW.com citant Sunny Singh, 21 ans, un ami du jeune homme se garait sur le parking du temple quand il a entendu des coups de feu et a vu deux personnes s'écrouler par terre. Son ami a alors vu le tireur recharger et se diriger vers l'entrée du temple.

Aux abords du temple, Harinder Kaur, une étudiante de 22 ans venue aux nouvelles, a indiqué à l'AFP: «Notre prêtre est mort, le grand-père d'amis est mort, on n'aurait jamais cru que cela pouvait nous arriver. C'était un dimanche normal», a-t-elle dit, évoquant «une communauté très soudée». Pour Navreet Raman, une quadragénaire, «Cela fait peur. C'est l'endroit où nous prions. Si une église n'est plus un endroit sûr, qu'est-ce-qui est sûr? Rien».

Confondus avec des musulmans?

Un membre du comité de direction du temple, Ven Boba Ri, cité par le Milwaukee Journal Sentinel, a indiqué qu'«il n'avait aucune idée» du motif de la fusillade. «C'est sans doute un crime de haine, ça ne vient pas de quelqu'un de chez nous». Les sikhs, qui portent un turban et la barbe, sont souvent pris pour des musulmans et font l'objet d'attaques racistes à ce titre aux Etats-Unis, notamment depuis les attentats du 11-Septembre. Ils sont entre 500.000 à 700.000 aux Etats-Unis.

«Il y a eu plusieurs attaques haineuses visant la communauté sikhe ces dernières années et malheureusement nous sommes naturellement enclins à penser qu'il s'agit ici de la même chose», a déclaré Sapreet Kaur, directeur exécutif d'une coalition de groupes sikhs, dans un communiqué. La plus vieille organisation musulmane du pays, Ahmadiyya, a elle immédiatement «condamné vivement cette fusillade insensée à l'encontre de fidèles», appelant à «plus d'attention portée sur l'éducation religieuse pour une société plus tolérante et plus pacifique».

De son côté, l'ambassade d'Inde à Washington a indiqué dimanche être en contact avec les autorités américaines et a dit avoir dépêché sur place un diplomate.