Dix-neuf morts dans une série de raids du PKK près de l'Irak

Reuters

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Des raids nocturnes de la guérilla séparatiste kurde ont fait 19 morts dans le sud-est de la Turquie, apprend-on ce dimanche auprès de responsables des services de sécurité. Onze combattants séparatistes, six militaires et deux miliciens ont trouvé la mort dans ces attaques contre trois postes avancés de l'armée à la périphérie de Cukurca, dans la province de Hakkari frontalière avec l'Irak, précisent ces sources. Les combats ont aussi fait 22 blessés, 16 soldats et six civils.

Selon ces responsables, qui tiennent à garder l'anonymat, un important groupe de combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) munis d'armes à feu et de lance-roquettes sont arrivés en provenance du nord de l'Irak, où sont basés les chefs de l'organisation. L'armée turque a envoyé des renforts dans le secteur. Au moins quatre hélicoptères d'attaque ont été dépêchés et les opérations se poursuivaient dimanche.

Des attaques «infâmes»

Dans un communiqué, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé des attaques «infâmes» et accusé des pays étrangers, qu'il n'a pas nommés, de soutenir les séparatistes kurdes. «La Turquie a les moyens de remettre à leur place les nations et les cercles ennemis qui tirent les ficelles de cette organisation terroriste», a-t-il dit.

Les affrontements entre l'armée turque et les militants du PKK se sont intensifiés ces dernières semaines. Le conflit, qui dure depuis 28 ans, a fait 40.000 morts. Près de la ville de Semdinli, à 200 km de Cukurca par la route, les forces turques affrontent depuis deux semaines quelque 200 combattants du PKK.

Murat Karayilan, le commandant par intérim du PKK, a déclaré la semaine dernière à l'agence de presse Firat, proche des séparatistes, que la bataille de Semdinli marquait un changement de tactique de la part de son organisation. Au lieu de mener des embuscades contre les forces turques, les combattants du PKK entendent rester positionnés à Semdinli et constituer un bastion dans cette zone, a-t-il dit.