Le verdict du procès des «Pussy Riot» attendu cette semaine

Reuters

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Le verdict du procès des trois jeunes femmes du groupe féministe punk «Pussy Riot», accusées d'avoir chanté une prière anti-Poutine dans la principale église orthodoxe de Russie en février, pourrait être rendu cette semaine.

La première semaine d'audience a divisé la Russie, pays majoritairement orthodoxe. Si certains croyants réclament de lourdes peines contre les trois chanteuses, beaucoup d'autres appellent à l'indulgence, même si peu approuvent leur manifestation incongrue dans le choeur de la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou.

Sept ans de prison pour hooliganisme

Le procès de Maria Aliokhina, 24 ans, Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, et Ekaterina Samoutsevitch, 29 ans, a débuté le 30 juillet devant le tribunal de Khamovniki, dans la salle même où a été condamné en 2010 pour la deuxième fois Mikhaïl Khodorkovski. Les jeunes femmes encourent jusqu'à sept ans de prison pour hooliganisme.

Les avocats des Pussy Riot craignent que leurs clientes ne bénéficient pas d'un procès équitable. «Ce procès va déterminer l'évolution du pays (...) Soit nous évoluons vers une "charia orthodoxe", soit nous conservons une situation d"'autoritarisme de velours"», estime l'avocat de la défense Nikolaï Polozov.

Selon la défense, qui pense qu'un verdict sera probablement rendu cette semaine, le tribunal espère que le procès prendra rapidement fin. Vladimir Poutine s'est attiré de nombreuses critiques internationales en raison du procès des trois chanteuses, que l'opposition russe considère comme une nouvelle manoeuvre de la présidence pour faire taire la contestation.

Poutine plaide la clémence

Le Président, qui était jeudi à Londres pour les Jeux olympiques, a estimé qu'il n'y avait «rien de bon» dans le spectacle donné par les trois jeunes femmes, tout en ajoutant: «Néanmoins, je ne pense pas qu'elles devraient être jugées trop durement pour cela.» Si les avocats des trois chanteuses se sont d'abord sentis revigorés par les déclarations du président russe, ils ont ensuite jugé que ces propos étaient avant tout destinés à apaiser l'opinion publique internationale.

Les trois militantes, qui nient avoir été motivées par la haine religieuse, disent avoir voulu protester contre les liens étroits entre l'Eglise orthodoxe et l'Etat. Elles n'avaient particulièrement pas apprécié le soutien apporté à Vladimir Poutine lors de la campagne pour la présidentielle par le chef de l'Eglise orthodoxe russe, le patriarche Cyrille.