Rome minimise le risque d'un recours aux fonds d'aide européens

Reuters

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«L'Italie n'a pour le moment pas besoin de solliciter les fonds d'aide européens pour acheter sa dette sur les marchés et faire reculer ainsi ses coûts d'emprunts», ont déclaré dimanche le gouverneur de la Banque d'Italie, Ignazio Visco et le directeur de cabinet de la présidence du Conseil, Antonio Catricala.

Dans un entretien accordé à la Repubblica, Ignazio Visco a déclaré que le risque que l'Italie doive recourir au Fonds européen de stabilité financière (FESF) ou à son successeur, le Mécanisme européen de stabilité (MES) dépendrait essentiellement des efforts que Rome déploierait dans le cadre de la réforme de son budget.

Ignazio Visco, qui siège au Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a également déclaré que la situation économique en Italie et en zone euro était si compliquée qu'un assouplissement de la politique monétaire était envisageable dans les mois à venir.

Prié de dire si l'Italie devait solliciter le FESF ou le MES, il a répondu «pour le moment, il ne me semble pas que ça soit nécessaire.»

Pour la suite, cela dépendra de plusieurs facteurs. Si les marchés arrivent à se convaincre qu'un jalon a été franchi, si l'Italie ne renonce pas à la discipline budgétaire et qu'elle accélère ses efforts pour promouvoir la croissance, alors il n'y aura pas besoin d'une intervention des fonds d'aide. L'essentiel dépend de nous.»

Le directeur de cabinet de la présidence du Conseil, Antonio Catricala, a quant à lui laissé entendre qu'li était peu probable que Rome demande l'aide des fonds européens avant que Madrid ne le fasse, l'Espagne étant dans une position plus inconfortable encore que l'Italie.

«Si nous bougions en premier, les autres nous prendraient pour des fous. La situation de nos finances publiques est bien meilleure que celle d'autres pays de la zone euro», a-t-il dit au Corriere della Serra.