Le Tribunal spécial pour le Liban s'arroge le droit de juger les tueurs présumés de Hariri

Avec Reuters

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Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), basé à La Haye, a décidé lundi qu'il était en droit de juger les assassins présumés de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri.

Les avocats des quatre suspects soutenaient que ce tribunal, instauré pour enquêter sur l'attentat qui a coûté la vie en février 2005 à Rafic Hariri et à 21 autres personnes sur la Corniche de Beyrouth, bafouait la souveraineté du Liban et ne pouvait leur garantir un procès équitable. Les juges du tribunal ont rejeté lundi leur requête, décidant que ce dossier relevait de leur compétence.

Jugement par contumace

L'assassinat de Rafic Hariri a plongé le Liban dans une longue crise politique qui a failli tourner à la guerre civile en 2008, au plus fort des violences religieuses. La légitimité du TSL est sujet à controverse au Liban. S'il a été instauré avec l'appui du gouvernement de l'époque, il y a cinq ans, il est rejeté par les chiites du Hezbollah, groupe politique et armé proche de l'Iran actuellement au pouvoir et dont sont issus les quatre suspects.

L'actuel gouvernement libanais a dit au TSL que les assassins présumés étaient introuvables. La cour de La Haye a prévu de juger ces quatre Libanais par contumace et fixé au 25 mars 2013 le début du procès. Antoine Korkmaz, un avocat de la défense désigné pour représenter un des inculpés, avait estimé que le tribunal avait été créé illégalement par le Conseil de sécurité des Nations unies et qu'il s'agissait d'une ingérence dans les affaires intérieures libanaises.