Syrie: L'appareil sécuritaire frappé par un attentat, vote au Conseil de sécurité

CRISE Le vote prévu mercredi à l'ONU sur une résolution menaçant Damas de sanctions a été reporté à ce jeudi matin à la demande de l'émissaire Kofi Annan qui espère encore un compromis avec Moscou, selon des diplomates...

© 2012 AFP

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Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a "condamné fermement" l'attentat de mercredi à Damas dans lequel trois hauts responsables syriens ont trouvé la mort et souligné "l'urgence extrême" que revêt l'arrêt de la violence armée par les deux camps.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a "condamné fermement" l'attentat de mercredi à Damas dans lequel trois hauts responsables syriens ont trouvé la mort et souligné "l'urgence extrême" que revêt l'arrêt de la violence armée par les deux camps. — afp.com

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'apprête à voter ce jeudi sur une résolution menaçant Damas de sanctions, repoussé de 24 heures en raison d'un attentat spectaculaire qui a tué trois hauts responsables syriens, dont le beau-frère du président Bachar al-Assad, mercredi dans la capitale syrienne.

 

Le vote a été reporté à la demande de l'émissaire Kofi Annan qui espère encore un compromis avec Moscou, selon des diplomates. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a «condamné fermement» mercredi soir l'attentat de Damas et souligné «l'urgence extrême» que revêt l'arrêt de la violence armée par les deux camps.

Dans un communiqué de son porte-parole, Ban Ki-moon se déclare aussi «très inquiet des informations sur l'utilisation d'armes lourdes par les forces de sécurité syriennes contre des civils, y compris dans la région de Damas», en dépit des engagements pris par le gouvernement syrien. Les 15 membres du Conseil de sécurité ont par ailleurs exprimé mercredi soir leur «forte inquiétude» devant les retombées au Liban du conflit en Syrie et souligne «l'importance d'un respect total de la souveraineté, de l'unité et de l'intégrité territoriale» de ce pays.

118 morts mercredi, dont 48 civils, 18 rebelles et 52 soldats

L'attentat de mercredi, le premier ayant visé des ministres depuis le début de la révolte en mars 2011, a été revendiqué par l'Armée syrienne libre (ASL) qui avait annoncé la veille «la bataille pour la libération de Damas», où des combats, les plus violents dans la capitale depuis mars 2011, faisaient toujours rage mercredi soir. Les violences à travers le pays ont fait mercredi au moins 118 morts, dont 48 civils, 18 rebelles, 52 soldats et les trois hauts responsables à Damas, selon l'OSDH. Dix-sept personnes ont péri à Damas.

Des versions contradictoires circulaient cependant sur le modus operandi de l'attentat. Une première source de sécurité a indiqué que le garde du corps d'un participant à la réunion avait fait exploser sa ceinture d'explosifs. Une seconde a parlé d'une mallette remplie d'explosifs introduite par un garde du corps qui avait réussi à quitter la salle puis à actionner la bombe.

L'annonce de l'attentat a été saluée dans plusieurs fiefs rebelles, notamment à Jabal Chahchabou, où un journaliste de l'AFP a fait état de tirs de kalachnikov, de cris et de rires. «Allah akbar!», s'est égosillé un combattant à l'annonce des morts sur la chaîne de télévision Al-Arabiya. Des célébrations ont eu aussi lieu au Liban voisin, où un enfant a été tué par des tirs à Tripoli, selon un responsable de la sécurité. Au Caire, la police a fait usage de gaz lacrymogènes contre des manifestants qui tentaient d'arracher le drapeau du bâtiment de l'ambassade de Syrie, selon des manifestants.

«La première d'une série de grandes opérations visant à faire chuter Assad»

L'ASL a affirmé qu'il s'agissait de «la première d'une série de grandes opérations visant à faire chuter Assad et l'ensemble des piliers et symboles du régime». Les rebelles ont réitéré que ceux «qui n'ont pas de sang sur les mains» avaient jusqu'à fin juillet pour faire défection, sous peine sinon d'être considérés, selon le communiqué, comme «des complices des meurtres d'Assad».

Le régime a rapidement annoncé la nomination d'un nouveau ministre de la Défense, le général Fahd al-Freij, jusque-là chef d'état-major. «Nos forces armées sont solides et leur moral est au plus haut. Elles continueront à poursuivre les terroristes jusqu'à ce que le complot visant la Syrie soit écrasé», a-t-il dit lors de sa première intervention. Les autorités qualifient les rebelles de «terroristes» financés par l'étranger.

La Turquie, mise en cause pour cet attentat -ainsi que la Qatar et l'Arabie saoudite- par le ministère syrien de l'Information a assuré mercredi soir n'avoir rien à voir avec l'attentat spectaculaire de Damas. Pour l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), la mort du général Chawkat est un «coup sévère pour le régime car il assumait le tout premier rôle dans les opérations pour écraser la révolution». «Le régime est désormais aussi dangereux qu'un loup blessé», ont réagi les Frères musulmans, influente composante de l'opposition.