Moscou décapite la rébellion tchétchène

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C'était l'homme le plus recherché de Russie. Le chef de guerre tchétchène Chamil Bassaïev, qui narguait ouvertement le Kremlin, a été tué hier lors d'une opération en Ingouchie, une république caucasienne voisine de la Tchétchénie, ont annoncé les autorités russes. Le mouvement rebelle tchétchène a confirmé sa mort après « l'explosion accidentelle d'un camion transportant des explosifs », et non lors d'une opération spéciale des forces russes comme l'a affirmé Moscou.

« C'est un châtiment mérité pour ces bandits, au nom de nos enfants à Beslan, pour tous les attentats qu'ils ont commis », a réagi le président de la Russie Vladimir Poutine, la voix tremblante, en évoquant la prise d'otages dans une école de Beslan en septembre 2004. Bassaïev avait revendiqué cette attaque qui s'était soldée par la mort de 331 personnes.

Pour Moscou, l'exécution de ce tenant de la ligne la plus dure de la rébellion, gagnée par l'islamisme, est une victoire. La Russie a en effet lancé son opération « antiterroriste » en Tchétchénie en octobre 1999, après une première guerre (1994-1996) contre le pouvoir séparatiste. Le corps du terroriste de 41 ans n'a cependant pas été montré à la télé, contrairement à ce qui avait été fait pour les leaders rebelles Aslan Maskhadov (partisan des négociations avec Moscou, tué en mars 2005) et Abdoul-Khalim Saïdoullaïev, tué le 17 juin dernier en Tchétchénie.

La mort de Bassaïev, qui avait pris les rênes de la rébellion après la mort du « président » Maskhadov, laisse le mouvement séparatiste quasiment décapité, malgré la nomination d'un président indépendantiste peu connu, Dokou Oumarov. Son décès pourrait ainsi signer la victoire militaire finale du Kremlin en Tchétchénie. L'élimination de Bassaïev tombe aussi à point nommé, à moins d'une semaine du début du sommet du G8, qui s'ouvrira samedi à Saint-Pétersbourg.

F. V. (avec AFP)