L'Union africaine entend privilégier une solution politique au Mali

Reuters

— 

L'Union africaine a affirmé ce vendredi privilégier une solution politique négociée au Mali, considérant une intervention militaire comme une option de dernier recours. Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA se réuniront ce week-end au siège de l'organisation à Addis-Abeba pour débattre du dossier. «Je pense qu'il y a de la marge pour des négociations et pour avancer vers une réconciliation entre Maliens», a déclaré Ramtane Lamamra, commissaire de l'UA pour la paix et la sécurité.

Jeudi, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a jugé probable, «à un moment ou un autre», l'usage de la force au Mali après le passage du nord du pays sous contrôle d'une milice islamiste. Les islamistes d'Ansar Dine, liés à Al-Qaida, se sont emparés du nord du Mali avec l'aide des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) en profitant de la confusion qui a suivi le coup d'Etat militaire du 22 mars contre le président élu Amadou Toumani Touré.

Restaurer la stabilité

Ansar Dine et ses alliés ont ensuite évincé les insurgés touaregs du MNLA et pris le contrôle d'une zone qui englobe les régions de Gao, Kidal et Tombouctou. Le Conseil de sécurité de l'ONU a encouragé, par le vote d'une résolution le 5 juillet, les efforts de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour mettre fin à la crise sans pour autant donner son aval à une intervention militaire, comme le demandait l'organisation régionale.

Selon Ramtane Lamamra, des tractations sont en cours pour former un gouvernement représentatif à Bamako afin de restaurer la stabilité. Un dialogue est également engagé avec une partie des rebelles du Nord pour tenter de rétablir l'intégrité territoriale du pays, a ajouté le diplomate algérien. Il a toutefois exclu toute discussion avec les «organisations terroristes» comme Al-Qaida au Maghreb islamique.