La Turquie privée de pétrole iranien, qui ne trouve plus preneur

Reuters

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L'Iran peine depuis le début du mois de juillet à vendre son pétrole, notamment à la Turquie, en raison des sanctions européennes et américaines, a-t-on appris de sources commerciales et maritimes. Ces difficultés font que le pétrole iranien destiné à l'exportation s'accumule dans des réservoirs en Egypte. La Turquie a déjà réduit de 20% par rapport à 2011 ses importations de pétrole iranien, qui couvrent la moitié de ses besoins en brut, afin d'échapper aux sanctions américaines.

Cette baisse devrait s'accentuer car le principal raffineur turc, Tupras, ne peut plus importer sur ses propres pétroliers du brut iranien, que les compagnies d'assurances locales ne couvrent plus en raison des sanctions adoptées par l'Union européenne. «Jusqu'en juillet, Tupras transportait le brut iranien avec ses propres pétroliers. (...) Ce n'est plus possible maintenant. (...) Il concentre désormais ses pétroliers sur des importations de Libye, d'Arabie saoudite et d'Irak», dit une source du transport maritime turc.

Les sanctions européennes, entrées en vigueur le 1er juillet, et américaines coûtent à Téhéran plus de trois milliards de dollars (2,5 millions d'euros) par mois. On estime que l'Iran a vu ses exportations de pétrole baisser de moitié ces derniers mois, passant à 1,1 million de barils par jour. Le ministre turc de l'Energie, Taner Yildiz, a affirmé devant la presse vendredi que l'acquisition de brut iranien se poursuivait sans problème, sans donner de détails. Tupras n'a pas souhaité faire de commentaire.