Syrie: Une vidéo montre 15 corps sur le site présumé du massacre de Tremseh

Reuters

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Des opposants syriens ont mis en ligne ce vendredi un document vidéo montrant les corps ensanglantés de quinze jeunes hommes victimes selon eux d'un massacre la veille à Tremseh, dans la province de Hama. D'après des représentants de l'opposition au président Bachar al-Assad, plus de 200 personnes, des civils pour la plupart, ont été tuées par les forces gouvernementales et les miliciens «chabiha» affiliés au régime de Damas. Si ces informations sont exactes, il s'agirait de la plus grave tuerie depuis le début du soulèvement anti-Assad il y a seize mois.

«Les martyrs de Tremseh, 12 juillet 2012. Dieu est grand», répète une voix off dans cette vidéo qui montre un à un les corps alignés par terre sur des couvertures. Certains portent des traces de blessures par balles au ventre. Rien n'indique dans le document la provenance des images. Les jeunes hommes filmés portent des jeans et des tee-shirts à l'exception d'un homme habillé en tenue de camouflage.

Certains habitants tués par balles ou à l'arme blanche

Les opposants syriens ont déclaré jeudi que l'armée avait attaqué Tremseh pour en déloger les rebelles. Le village a été selon eux encerclé, ses habitants ont été pris au piège et certains ont été tués par balles ou à l'arme blanche. Des corps auraient été brûlés et jetés dans les rues. Des opposants expliquent avoir recueilli ces informations en joignant les habitants par téléphone satellite. Ils précisent avoir perdu le contact avec eux vendredi matin. Les forces de sécurité syriennes auraient coupé les connexions téléphoniques et par internet avant de bombarder et d'attaquer la localité jeudi.

Avant l'annonce d'un massacre, des opposants avaient diffusé des premiers témoignages sur l'opération menée à Tremseh. D'après ceux-ci, un convoi de 25 véhicules de transport de troupes, trois véhicules blindés et cinq camions équipés de canons ont traversé jeudi à l'aube (vers 06h00, 03h00 GMT) la ville de Mouharda avant de se diriger vers Tremseh.

Annan condamne les «atrocités» commises à Tremseh

«Ils ont encerclé le village et commencé à tirer violemment et aveuglément sur les habitations, pendant qu'un hélicoptère survolait le site. L'électricité et le téléphone ont été coupés. Les habitants se sont rassemblés dehors dans un état de peur et de panique. Ils ne pouvaient pas s'enfuir», peut-on lire dans ce compte rendu posté sur les sites de l'opposition. «Ensuite, de violents combats ont éclaté entre l'héroïque Armée syrienne libre et l'armée d'Assad. Les gangs d'Assad ont attaqué l'école du village et l'ont complètement détruite. Il y a eu beaucoup de blessés.»

Dans un communiqué, Kofi Annan, chargé par l'ONU et la Ligue arabe de trouver une issue à la crise syrienne, condamne les «atrocités» commises à Tremseh. Il se dit choqué par «les combats intenses, le nombre important de victimes et la confirmation de l'utilisation d'armes lourdes comme l'artillerie, des chars et des hélicoptères».