Thaïlande: Vers un référendum sur une révision de la Constitution

Reuters

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La Cour constitutionnelle thaïlandaise a rejeté ce vendredi plusieurs recours contre un projet gouvernemental controversé de révision de la loi fondamentale, tout en jugeant nécessaire la convocation d'un référendum sur le sujet. La Cour a jugé que les amendements proposés par le gouvernement de Yingluck Shinawatra ne menaçaient pas le rôle de la monarchie, contrairement à l'argument avancé par l'opposition.

Ces opposants, regroupés sous la bannière des «chemises jaunes», redoutent que ce projet de révision d'une Constitution adoptée en 2007 sous un gouvernement mis en place par les militaires soit destiné à faciliter le retour de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, dont la soeur dirige le gouvernement.

Thaksin, milliardaire renversé par un coup d'Etat en 2006, a fui en exil en août 2008, peu avant sa condamnation à deux ans de prison pour abus de pouvoir. Réfugié à Dubaï, il nie toute malversation.

Assemblée constituante

Un rejet par la Cour du projet de révision aurait pu conduire à la dissolution du parti au pouvoir (Puea Thai, Pour les Thaïs) et à des troubles, les partisans de Thaksin, les «chemises rouges», ayant averti qu'ils se mobiliseraient contre une telle perspective.

Les «chemises rouges» ont paralysé le centre de Bangkok en avril et mai 2010 avant d'être réprimés par l'armée au cours d'affrontements qui ont fait 91 morts. Le gouvernement thaïlandais est dirigé depuis août 2011 par Yingluck Shinawatra à la suite des élections législatives du 3 juillet qui ont scellé la victoire de son parti Puea Thai.

Yingluck présente le projet de révision, qui prévoit la formation d'une assemblée constituante, comme une «loi de réconciliation» destinée à effacer certains aspects jugés non démocratiques de la Constitution de 2007.