Finlande: Tensions dans la coalition sur l'aide à l'Espagne

Reuters

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La Finlande devrait envisager de renoncer à exiger de l'Espagne des garanties en échange de l'aide à ses banques, a déclaré ce vendredi un haut responsable du parti du Premier ministre, prenant le risque de déclencher une crise politique au sein de la coalition gouvernementale avec le parti social-démocrate.

La demande de collatéral de la Finlande - l'un des rares pays européens à bénéficier encore de la note «triple A» auprès des trois grandes agences de notation - est l'une des questions non résolues susceptibles d'empêcher l'application de l'accord conclu fin juin lors du dernier sommet européen pour tenter de résoudre la crise de la dette.

Ligne dure

Des discussions entre le gouvernement espagnol et la Finlande sont en cours sur cette question, qui figure dans l'accord de coalition entre les deux partis finlandais. Jan Vapaavuori, le chef de file de la Coalition nationale (droite libérale), le parti du Premier ministre Jyrki Katainen, s'est publiquement demandé si le maintien d'une ligne dure sur cette question du collatéral ne risquait pas d'avoir plus d'effets négatifs que positifs.

«C'est le cas car comme la demande de collatéral est inscrite dans le programme du gouvernement, nous nous battons bec et ongles pour la conserver, sans envisager toutes les conséquences que cela pourrait avoir sur la position de la Finlande à l'international», a-t-il dit dans un entretien au quotidien financier Helsingin Sanomat.

Son homologue du parti social-démocrate, Jouni Backman, a souligné que le gouvernement n'aurait pas été formé si la question du collatéral n'avait pas été incluse dans l'accord de coalition. «Si nous éludons cela (dans le programme), en plus de la crise européenne, nous aurons bientôt une crise politique intérieure», a-t-il déclaré en réponse aux commentaires de Jan Vapaavuori.

Aide européenne prévue

Le chef de file des sociaux-démocrates, le ministre des Finances Jutta Urpilainen, mène actuellement des discussions avec l'Espagne sur la question du collatéral. La Finlande a prévenu qu'elle ne participerait pas à l'aide européenne prévue pour les banques espagnoles si Madrid ne signait un accord séparé avec Helsinki.

En février, le pays avait signé un accord avec la Grèce sur cette même question du collatéral. Cet accord, dont la Finlande avait fait un préalable à sa participation à un deuxième plan d'aide à la Grèce, stipulait que les banques grecques fourniraient des garanties en numéraire et en actifs très bien notés.