Birmanie: Les leaders étudiants libérés

Reuters

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La police birmane a relâché vingt leaders étudiants qui avaient été arrêtés vendredi, à la veille du 50e anniversaire de la répression par l'armée de manifestations étudiantes en 1962, a-t-on appris auprès de l'un d'entre eux.

«Les officiers de police nous ont dit qu'ils voulaient simplement nous poser quelques questions sur ce que nous avions prévu pour commémorer l'anniversaire», a expliqué samedi soir à Reuters l'ancienne prisonnière politique Phyo Phyo Aung.

Elle a expliqué avoir été interrogée dans le bâtiment de l'ancien ministère de l'Intérieur à Rangoun, en compagnie de trois autres militants d'un syndicat étudiant, parce que leur mouvement avait été considéré comme étant illégal.

Ce coup de filet avait été effectué vendredi soir dans quatre villes différentes. Les personnes arrêtées avaient été emmenées vers des destinations inconnues.

Des dizaines d'étudiants ont été tués en 1962 lorsque la junte militaire dirigée par le général Ne Win, alors au pouvoir depuis seulement quatre mois, a réprimé par la force leurs manifestations et fait détruire à l'explosif les locaux de leur syndicat à l'université de Rangoun.

Après 49 années de régime militaire, les généraux ont laissé la place en 2011 à un gouvernement civil qu'ils continuent de contrôler.

Ce gouvernement a engagé la Birmanie dans un processus d'ouverture politique. La détention même temporaire des militants étudiants jette toutefois un doute sur cette volonté affichée de réformes.