Algérie: Des signes de réchauffement avec la France

MONDE Les relations avec la France sont difficiles depuis l'Indépendance...

Lucie Romano

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Les Algériens célèbrent leur indépendance à Oran, en 1962.
Les Algériens célèbrent leur indépendance à Oran, en 1962. — no credit

Alors que l'Algérie fête ce jeudi ses cinquante ans d'indépendance, et que la France compte un nouveau président de la République, les relations franco-algériennes vont-elles se réchauffer? Cela passera-t-il par la formulation d'une repentance, d'excuses publiques de la part de la France pour les morts de la guerre d'Algérie qui ont fait, selon Alger, 1,5 million entre 1954 et 1962?

Si François Hollande, avant d'être élu, n'a jamais annoncé qu'il présenterait ses excuses au nom de la France, il a tout de même laissé entendre qu'il était temps pour le pays de tourner la page de son histoire coloniale avec l'Algérie. Un message bien reçu de l'autre côté de la Méditerranée. «Maintenant qu'il est au pouvoir, nous espérons de l'action», a déclaré le ministre algérien des Anciens combattants, Mohamed Cherif Abbes, à la radio publique, fin juin.

Laurent Fabius ira à Alger

Si les deux pays ont convenu de ne pas organiser d'événements officiels pour la commémoration, Laurent Fabius, chef de la diplomatie française, a confirmé mercredi qu'il se rendrait en Algérie les 15 et 16 juillet pour «un tour d'horizon». Un premier signe de réchauffement indéniable selon Bernard Derosier, ancien président du groupe d'amitié France – Algérie à l'Assemblée nationale, mais également pour Kader A. Abderrahim, maître de conférences à Sciences-Po Paris, spécialiste du Maghreb: «François Hollande a choisi de faire son stage de mobilité de l'ENA à Alger… Et il y est retourné plusieurs fois, comme premier secrétaire du parti socialiste. Il connaît bien le pays et ses dirigeants.»

Mais si les relations devraient selon lui être plus denses que sous le précédent quinquennat, il ne faut pas s'attendre à des bouleversements. «Des socialistes eux-mêmes ne sont pas favorables à la reconnaissance d'une responsabilité collective de la France. Pour eux, c'est avant tout l'armée qui s'est fourvoyée», rappelle-t-il. Hacène, Algérien vivant à Paris, relativise ce besoin de regrets officiels: «En Algérie, il n'y a que les vieux ultras qui veulent à tout prix des excuses. La jeunesse algérienne, ultra-majoritaire, ce qu'elle veut, c'est une plus grande ouverture de la France, en termes d'immigration, et dans le soutien de l'effort démocratique! »

Célébrations des deux côtés de la méditerrannée

Partout en France sont organisées ces jours-ci des célébrations, des conférences, des expositions. En Algérie, pas de parade militaire, mais un an de festivités qui ont débuté mercredi soir par un spectacle géant avec comédie musicale et feux d'artifice, en présence d'Abdelaziz Bouteflika.