Allemagne: La décision de justice interdisant la circoncision continue de faire polémique

Reuters

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La controverse suscitée en Allemagne par une décision de justice interdisant la circoncision des jeunes garçons a pris une nouvelle ampleur jeudi avec les critiques du ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle.

«L'Allemagne est un pays tolérant, sans préjugés, où la liberté religieuse est solidement établie et où les traditions comme la circoncision sont considérées comme une expression du pluralisme religieux», déclare le chef de la diplomatie dans un entretien au quotidien Bild de vendredi.

Mardi, un tribunal de Cologne a jugé illégale la circoncision religieuse de jeunes enfants, qui ne sont pas à même de donner leur consentement.

Dans cette affaire qui concernait un médecin poursuivi pour des complications médicales après la circoncision d'un petit musulman âgé de quatre ans, le tribunal a souligné que les garçons pouvaient se faire circoncire plus tard, quand ils sont en âge de donner leur consentement.

«Le droit fondamental de l'enfant à l'intégrité physique l'emporte sur les droits fondamentaux des parents», lit-on dans la décision de justice.

Dans son interview à Bild, Guido Westerwelle souligne que la décision du tribunal de Cologne a suscité un certain «agacement» dans le monde.

Le rapporteur spécial des Nations unies pour la liberté de religion, Heiner Bielefeldt, a qualifié la décision «d'absurde».

En Turquie, le ministre chargé de l'Europe, Egemen Bagis, a souligné que la circoncision relevait de la liberté de conscience.

Le Conseil central des juifs d'Allemagne a qualifié la décision d'«intrusion grave sans précédent» tandis que le Conseil de coordination des musulmans a parlé «d'ingérence inadmissible» portant atteinte aux droits des parents.

Les représentants des catholiques et des protestants ont également critiqué la décision de Cologne. Pour la Conférence épiscopale catholique, l'évêque Heinrich Mussinghoff a évoqué «une atteinte grave à la liberté religieuse».

Pour l'Eglise évangélique allemande, Hans Ulrich Anke a rappelé que «le droit fondamental de l'enfant à l'intégrité physique» devait tenir compte de la liberté religieuse et «du droit des parents à choisir l'éducation de leurs enfants».