Réforme de l'assurance-maladie: Dans les rues, des Américains divisés

REPORTAGE Il y a ceux qui se félicitent de la décision de la Cour suprême et ceux qui dénoncent les coûts supplémentaires engendrés par la réforme...

Nicolas Coisplet, à New York

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Des supporters de la réforme de la santé voulue par le président  américain Barack Obama devant la Cour Suprême, à Washington, le 28 juin  2012.
Des supporters de la réforme de la santé voulue par le président américain Barack Obama devant la Cour Suprême, à Washington, le 28 juin 2012. — REUTERS/Joshua Roberts

De notre correspondant à New York,

A Cranford (New Jersey), commune plutôt aisée de la grande banlieue de New York, la nouvelle n’avait échappé à personne ce jeudi matin. Une heure après la communication de la décision de la Cour suprême, Jenny, commerciale de 34 ans, se réjouissait de la validation de la réforme de l’assurance-maladie voulue par l’administration Obama. «Je viens de l’apprendre, c’est une très bonne chose. Mais je pense que vous allez avoir du mal à trouver des gens qui partagent mon avis dans cette ville. Ils n’ont jamais vraiment compris ce qu’il y avait dans cette loi», explique-t-elle, sur les marches du bureau de poste local.

La réforme a été et reste impopulaire aux yeux des Américains, comme le montre un sondage réalisé récemment pour CNN: 51% des sondés se déclaraient opposés à la loi, pour 43% d’opinions favorables. Sue, 53 ans, commerçante, fait partie de ces citoyens plus que réticents à l’idée d’être sanctionnés s’ils ne souscrivent pas une assurance-maladie: «Par principe, je déteste que le gouvernement me dise ce que j’ai à faire», lance-t-elle, sur le pas de son commerce d’accessoires de mode. Liz, une de ses clientes, est du même avis. Quoique: «Mon frère vit dans le Massachussetts, où une réforme du même type est en place depuis plusieurs années, et honnêtement, personne ne s’en plaint».

Pour l’un des pharmaciens de la ville, Rao, 57 ans, pas question de faire la fine bouche: «En tant que professionnel, je pense que c’est une excellente nouvelle. Cette réforme ouvre l’accès aux soins à de nombreux Américains qui en étaient jusque-là démunis. C’est l’essentiel.» D’après John, barbier de 45 ans, l’essentiel, c’est plutôt la question de l’impact économique. «Cette décision de la Cour, c’est terrible pour les petits entrepreneurs. Mes employés vont me coûter davantage», lance ce républicain revendiqué. «Mais je dois reconnaître qu’il faut faire quelque chose. Il y a trop de familles ruinées parce que l’un des membres a dû être hospitalisé». Un peu plus loin dans la même rue de Cranford, Franck, fonctionnaire de 38 ans et sympathisant démocrate, le rejoint sur la nécessité d’agir: «Il faut que les choses bougent. L’administration Obama propose quelque chose, cette réforme a de toute façon le mérite d’exister. Chez les républicains, ils ne proposent rien».