Réforme de l'assurance-maladie: Obama savoure sa victoire, Romney donne rendez-vous en novembre

ELECTIONS USA Après la validation de l'«Obamacare» par la Cour suprême américaine, les républicains jurent de faire abroger la loi...

Nicolas Coisplet, à New York

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Barack Obama s'est exprimé peu après l'annonce de la validation de la loi sur l'assurance-maladie par la Cour suprême, le 28 juin 2012.
Barack Obama s'est exprimé peu après l'annonce de la validation de la loi sur l'assurance-maladie par la Cour suprême, le 28 juin 2012. — LUKE SHARRETT / POOL / AFP

De notre correspondant à New York,

«C’est la validation de la réalisation la plus importante et la plus controversée de quatre années de présidence Obama.» A l’image du Washington Post, la plupart des observateurs estiment que le président démocrate a remporté ce jeudi une victoire majeure. La décision de la Cour suprême américaine de valider la réforme de l’assurance-maladie a «d’autant plus d’impact car elle est surprenante», poursuit le Washington Post. «La majorité des experts s’attendait à ce que la réforme soit rejetée totalement ou au moins en partie.»

Cette victoire, Barack Obama l’a savourée en personne en prenant la parole deux heures après la communication de la décision de la Cour et en se posant en président rassembleur. «La question n’est pas de savoir qui a gagné ou perdu, a-t-il expliqué. C’est une victoire pour le peuple américain. Pour tous ceux qui n’avaient pas accès à l’assurance-maladie, mais aussi pour les 13 millions qui souscrivent déjà une assurance et qui vont se voir rembourser le trop-perçu par les compagnies, pour les moins de 26 ans qui resteront couverts par l’assurance de leurs parents, pour les femmes qui ne devront pas payer davantage parce qu’elles sont des femmes.»

«Elle fait du mal à notre économie»

Son futur adversaire dans l’élection de novembre prochain, le républicain Mitt Romney, a pris acte de la décision de la Cour. Bien qu’il ait institué une mesure similaire dans le Massachussetts lorsqu’il en était le gouverneur, il a invité les Américains à retoquer la réforme dans les urnes. «Je révoquerai la loi si je suis élu, a-t-il indiqué. Certes, la Cour a jugé que la réforme de l’assurance-maladie n’est pas anticonstitutionnelle. Mais elle n’a pas dit que c’était une bonne loi pour les Etats-Unis. C’était une mauvaise loi hier, ça reste une mauvaise loi aujourd’hui.» Rick Santorum, son ancien adversaire dans la primaire républicaine, est allé plus loin, qualifiant la décision de la Cour de «pire des scénarios»: «Les Américains sont forcés de faire quelque chose qu’ils ne veulent pas faire», a-t-il commenté, faisant référence à l’obligation sous peine de sanction de souscrire une assurance-maladie.

L’opposition américaine espère aussi profiter de la majorité républicaine à la Chambre des représentants pour tenter à nouveau d’abroger la réforme qu’ils ont baptisée «Obamacare». «Elle fait du mal à notre économie en augmentant les coûts des dépenses de santé et elle rend plus difficile les nouvelles embauches dans les petites entreprises», a indiqué le porte-parole des républicains à la Chambre, John A. Boehner. Un nouveau vote pourrait avoir lieu le 11 juillet. Mais cette démarche a peu de chances d’aboutir tant que les démocrates conserveront la majorité au Sénat.