La présidence égyptienne va porter plainte contre l'agence iranienne Fars

POLÉMIQUE e cabinet de Mohamed Morsi dément que ce dernier a jamais donné d'interview à l'agence iranienne, par ailleurs déjà auteure d'un «scoop bidon» à la mi-juin...

Bérénice Dubuc avec Reuters

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Le président égyptien, Mohamed Morsi, le 13 juin 2012.
Le président égyptien, Mohamed Morsi, le 13 juin 2012. — LEVINE/SIPA

Duplicité du président égyptien tout juste élu ou interview bidon de l'agence iranienne Fars? Toujours est-il que le cabinet du président Mohamed Morsi a décidé de porter plainte contre l'agence de presse.

Lundi, Fars a diffusé une interview du responsable des Frères musulmans, où il dit vouloir renforcer les relations entre l'Egypte et l'Iran, rompues depuis trente ans, pour «créer un équilibre stratégique régional», mais aussi où il annonce que l'Egypte va «réviser les accords [de paix] de Camp David», signés en 1979. Etonnant, puisque la veille, au soir de l’annonce de sa victoire, Mohamed Morsi disait vouloir respecter l’ensemble des traités internationaux signés par son pays. Un discours qui avait rassuré les Occidentaux.

Double-discours ou scoop bidon?

«Le président Morsi n'a jamais été interviewé par l'agence de presse iranienne Fars. L'interview a été fabriquée et le cabinet présidentiel a entrepris des démarches en justice contre l'agence», a déclaré Yasser Ali, le porte-parole du cabinet. De son côté, Fars maintient sa version et a non seulement mis en ligne le texte intégral de l'interview, mais aussi un lien vers ce qu’elle dit être l’enregistrement de l'entretien.

Alors, qui ment? Le président égyptien tout juste élu -pour ne pas être accusé de tenir un double discours- ou l’agence iranienne? Selon Le Monde, l’enregistrement de Fars «laisse très sceptique». «La voix de l'homme présenté comme M. Morsi, qui s'exprime en dialecte égyptien, ne ressemble pas du tout à celle du président élu, ni son registre de langage».

Le quotidien rappelle que Fars, dirigée et financée par les gardiens de la révolution, a déjà publié, le 18 juin dernier, un autre «scoop bidon» -à savoir l’annonce de manœuvres militaires conjointes russes, chinoises et iraniennes en Syrie-, information unanimement démentie. Et d’ajouter que l'agence de presse officielle Irna a fait savoir que sa consœur semi-officielle «ne respecte pas les principes professionnels et ne tient pas compte de la mission des médias à publier de vraies informations».