Syrie: Le médiateur international Kofi Annan propose un gouvernement de transition

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A l'initiative de l'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, cette réunion du "Groupe d'action sur la Syrie" offre un cadre inédit, détaché du formalisme du Conseil de sécurité, pour tenter de dégager un consensus sur les moyens d'appliquer le plan en six points adopté en avril et resté lettre morte sur le terrain.
A l'initiative de l'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, cette réunion du "Groupe d'action sur la Syrie" offre un cadre inédit, détaché du formalisme du Conseil de sécurité, pour tenter de dégager un consensus sur les moyens d'appliquer le plan en six points adopté en avril et resté lettre morte sur le terrain. — Sébastien Bozon afp.com

Le médiateur international Kofi Annan a proposé la mise en place en Syrie d'un gouvernement de transition qui incluerait des partisans du président Bachar Al-Assad et des membres de l'opposition afin de trouver une solution politique au conflit ont indiqué mercredi des diplomates.

Les principales puissances (Russie, Chine, Etats-Unis, Royaume uni, France) soutiennent cette idée qui sera discutée au cours de la réunion du Groupe d'action sur la Syrie samedi à Genève, ont précisé ces diplomates.

Rien n'exclut automatiquement Assad

Selon le schéma proposé par Kofi Annan, ce nouveau gouvernement de coalition pourrait inclure des membres de l'actuel gouvernement syrien et des groupes d'opposition mais pas des responsables «dont la présence pourrait nuire à la transition, miner la crédibilité de ce (nouveau) gouvernement ou les efforts de réconciliation», a expliqué un diplomate.

«La description faite par Annan suggère qu'Assad pourrait en être exclu mais aussi que certains responsables de l'opposition n'en feraient pas partie», a précisé un autre diplomate, ajoutant cependant que rien dans la proposition de Kofi Annan n'exclut automatiquement le président Assad.

«L'acceptation de ce plan par la Russie pourrait signifier qu'elle est prête à voir Assad partir», a-t-il dit. Mais un autre diplomate occidental s'est montré sceptique sur ce point, estimant que «les Russes ne sont pas prêts à lâcher Assad (ou) à accepter des idées contraires à leur intérêts».

«Une base de discussions pour les ministres»

L'idée de ce gouvernement de coalition fait partie de «lignes directrices et principes pour une transition» en Syrie que Kofi Annan a envoyées aux ministres des Affaires étrangères qui doivent participer à la réunion de Genève. Celle-ci rassemblera samedi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Royaume uni).

Des invitations ont été également adressées à la Turquie, au Haut représentant de l'Union Européenne, à Ban Ki-moon et au secrétaire général de la Ligue Arabe. Les chefs de la diplomatie du Qatar, du Koweit et de l'Irak, ces derniers au titre de leur rôle au sein de la Ligue arabe, sont également invités. Selon Kofi Annan, ce «Groupe d'action» doit notamment se mettre d'accord sur sur «des directives et des principes pour une transition politique menée par les Syriens».

S'exprimant devant la presse mercredi, l'ambassadeur russe à l'ONU Vitaly Tchourkine avait souligné que les idées que présenteraient Kofi Annan à Genève ne seraient pas automatiquement acceptées par les ministres. Elles «fourniront une base de discussions pour les ministres», a-t-il expliqué en n'excluant pas que d'autres éléments de réflexion s'ajoutent au document envoyé par Annan aux ministres. «Ce sera une conférence de travail», a-t-il résumé.

Une «feuille de route très concrète pour une transition politique»

De son côté la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, en visite à Helsinki, a indiqué avoir eu «des consultations étroites avec Kofi Annan» à propos de son document sur les perspectives de transition politique en Syrie, sans fournir de détail sur les propositions de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe. Elle a cependant dit avoir transmis à Kofi Annan «son soutien pour le plan qu'il a présenté», qu'elle a qualifié de «feuille de route très concrète pour une transition politique».

«Nous pensons qu'il contient les principes nécessaires à toute transition politique en Syrie susceptible de conduire à une solution pacifique et démocratique reflétant la volonté du peuple syrien», a-t-elle estimé.