Valence en deuil après l'accident de métro

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« Un de vos proches figure parmi les morts ? – Oui. – Qui était-ce ? – Une cousine. Elle prenait le métro à cette heure, elle avait 35 ans », raconte Elvira sur les marches de la morgue centrale de Valence, en Espagne. Comme elle, les familles des quarante-et-une victimes du déraillement d'un métro, lundi, se sont rendues hier à la morgue de la ville. La gorge nouée, les yeux embués cachés derrière des lunettes noires, fuyant les micros des journalistes, encore abasourdies par le drame.

Les drapeaux de la ville, pavoisée aux couleurs du Vatican pour la visite du pape Benoît xvi, prévue ce week-end, ont été mis en berne. A midi, la foule s'est figée dans le deuil, observant cinq minutes de silence à la mémoire des victimes. Et en fin d'après-midi, une messe de funérailles a été donnée en leur honneur dans la cathédrale de Valence, en présence des souverains espagnols, Juan Carlos et Sofia, et du chef de gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, qui a écourté une visite officielle en Inde, immédiatement après l'accident. Les autorités régionales ont aussi décrété un deuil de trois jours.

L'étude de la boîte noire de la rame du métro a parlé en fin d'après-midi, coupant court à toutes les interrogations sur les causes de l'accident. Le métro circulait « à 80 km/h dans un virage dans lequel la vitesse est limitée à 40 km/h », a affirmé José Aroca, porte-parole du syndicat ferroviaire de Valence. Il a imputé cet excès de vitesse à une défaillance du conducteur, qui a été tué dans l'accident.

Clémence Lemaistre (avec AFP)

Sur les 41 morts, 18 étaient originaires de Torrent, dans la banlieue sud-ouest de Valence. Il s'agit de la ville la plus durement frappée par le déraillement du métro.