A Paris, les étudiants mexicains s’inquiètent du résultat de la présidentielle

— 

La fièvre des meetings électoraux à l’américaine du libéral Calderon et les rassemblements de centaines de milliers de partisans d’Obrador sur le Zocalo, place centrale de la capitale du Mexique, les étudiants mexicains en France ne connaissent pas. A la “Casa de México” (la maison du Mexique) de la Cité internationale universitaire de Paris, on n’a parlé de l’élection présidentielle qu’entre copains. « Il n’y a pas eu le moindre petit débat organisé », déplore Eduardo, étudiant en thèse de sociologie et résident à la maison du Mexique.

Le scrutin de dimanche intéresse pourtant les étudiants mexicains résidants en France. Des feuilles avec les scores préliminaires jonchent les tables basses de la salle commune. Malheureusement, la loi mexicaine interdit la publicité électorale à l’étranger. Cela explique l’absence de débats au sein de la résidence ou d’affiches et de photos sur ses murs. Un autre résident de la maison, Edgar, étudiant en thèse lui aussi, a fait les mêmes démarches qu’Eduardo pour pouvoir voter. Ils ont rempli et envoyé au Mexique une sorte de « dossier » plusieurs mois avant l’élection. Un mois après, il ont reçu une enveloppe contenant de courts enregistrements vidéo et des brochures censées leur donner un aperçu sur les programmes des différents partis en lice. Pas moins d’un mois avant la présidentielle, ils ont dû renvoyer leur bulletin de vote par la poste. Une procédure assez compliquée, qui ne les a pourtant pas découragés. Et pour cause, c’est la première fois que les Mexicains de l’étranger pouvaient voter.

Ils ont tous deux donné leur voix au candidat de gauche et s’inquiètent des résultats préliminaires qui donnent un point d’avance à Calderon. Ils disent « attendre quand même les résultats officiels » mais ne peuvent s’empêcher de regretter que l’élection se déroule en un seul tour, « à quel point la légitimité du Président peut-elle être assurée par un tel scrutin ?», s’interrogent-ils. Toutefois, leur principal souci reste qu’avec des résultats aussi serrés, où la gauche et la droite se partagent la majorité des voix, le futur du Mexique s’annonce plutôt instable. Les deux étudiants ne voient vraiment pas comment la droite ou la gauche pourra former un gouvernement de coalition stable.

Marie-Christine El-Kahi