Les Khmers rouges seront jugés

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Le procès tant attendu de dirigeants khmers rouges accusés de génocide devrait commencer en 2007, ont indiqué jeudi les Nations unies, tandis que le vice-Premier ministre cambodgien Hor Namhong a exclu que les audiences provoquent des désordres dans le pays.
Le procès tant attendu de dirigeants khmers rouges accusés de génocide devrait commencer en 2007, ont indiqué jeudi les Nations unies, tandis que le vice-Premier ministre cambodgien Hor Namhong a exclu que les audiences provoquent des désordres dans le pays. — Doug Niven AFP/Archives

Les magistrats du tribunal du génocide cambodgien ont enfin prêté serment, hier au Cambodge, plus de vingt-cinq ans après les faits et dans l'indifférence de la population. De 1975 à 1979, les Khmers rouges ont exterminé un quart des habitants de leur pays – environ deux millions de personnes –, au nom d'un idéal communiste et nationaliste. Dix-sept juges cambodgiens et dix étrangers jugeront donc les crimes commis par la dictature khmère.

L'instruction doit commencer la semaine prochaine et le procès en 2007. L'ONU et les dirigeants cambodgiens ont négocié pendant plus de huit ans pour mettre en place la procédure. Elle devrait coûter 56,3 millions de dollars et durer trois ans. Une période bien longue pour la dizaine d'anciens dirigeants khmers encore en vie, certains ayant une santé précaire.

Seuls deux d'entre eux sont détenus : Ta Mok, 80 ans, surnommé « le boucher » pour les massacres et les purges qui lui sont attribués – il a été hospitalisé la semaine dernière pour hypertension ; et Kang Kek Ieu, alias « Duch », 64 ans, qui dirigeait la prison Tuol Sleng, à Phnom Penh, où au moins une quinzaine de milliers de personnes ont été torturées et exécutées. Les autres cadres du régime vivent librement dans le pays. Quant au « frère numéro un », Pol Pot, il est mort en 1998, sans avoir regretté ses crimes.

Clémence Lemaistre