Syrie: 96 morts dans des violences

MONDE Le bilan dépasse les 15.000 morts depuis le début de la révolte en mars 2011...

avec AFP

— 

L'incident, le premier du genre depuis le début de la révolte en Syrie en mars 2011, vient envenimer les relations déjà tendues entre les deux pays voisins autrefois alliés, Ankara critiquant sévèrement la répression de la contestation.
L'incident, le premier du genre depuis le début de la révolte en Syrie en mars 2011, vient envenimer les relations déjà tendues entre les deux pays voisins autrefois alliés, Ankara critiquant sévèrement la répression de la contestation. — afp.com

Nouvelle journée tragique en Syrie. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté vendredi contre le président Bachar al-Assad à travers le pays. Bilan: 96 personnes ont péri dans les violences, dont 50 civils, 15 soldats et 26 partisans du régime dans une embuscade dans la province d'Alep (nord), selon un nouveau bilan de l'OSDH publié dans la nuit de vendredi à samedi.

1,5 million de personnes ont besoin d'une aide humanitaire

Neuf civils, dont un enfant, ont été tués par des tirs sur des manifestations. Toujours dans la région d'Alep, à Darat Ezzat, la télévision officielle a annoncé la mort d'au moins 25 personnes, tuées par balles et mutilées par «des groupes terroristes armés». L'OSDH a évoqué pour sa part 26 «partisans du régime» tués dans une embuscade. Cette escalade de la répression et des combats empêche toujours le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du Croissant rouge syrien de se rendre à Homs (centre) pour évacuer des blessés et des civils. Dans ce contexte, le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) a annoncé que plus de 1,5 million de personnes avaient désormais besoin d'une aide humanitaire en Syrie.

Alors que le 15.000 personnes sont décédées depuis le début de la révolte en mars 2011 selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), l'émissaire international Kofi Annan a appelé la communauté internationale à augmenter la pression sur les parties et souhaité que l'Iran participe à une prochaine réunion sur la crise. Il a expliqué qu'il n'était pas en mesure de dire si cette conférence pouvait avoir lieu le 30 juin à Genève, comme l'ont évoqué la France et la Suisse. Plusieurs capitales, dont Paris, ont jusqu'à présent refusé d'associer, comme le réclamait déjà la Russie, l'Iran aux conférences sur la Syrie. Occidentaux et Russes sont à couteaux tirés sur le dossier syrien, les premiers réclamant un départ de Bachar al-Assad et des sanctions à l'ONU pour le forcer à appliquer le plan Annan et les seconds rejetant toute ingérence étrangère dans ce pays.

Avion de chasse abattu

Par ailleurs, la Syrie a reconnu avoir abattu vendredi un avion de chasse F-4 turc au large de ses côtes. «Nous avons confirmé que la cible (du tir syrien) était un avion militaire turc qui a été touché par un coup direct après être entré dans l'espace aérien syrien. Il s'est écrasé en mer dans les eaux territoriales syriennes à environ 10 km des côtes de la province de Lattaquié (bien: Lattaquié)», a déclaré dans la soirée à l'AFP un porte-parole de l'armée syrienne, qui a requis l'anonymat. A Ankara, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a convoqué une réunion de crise avec le chef de l'état-major des armées et plusieurs ministres à Ankara. Les recherches se poursuivent pour retrouver les deux pilotes de l'appareil, un avion d'attaque au sol F-4, selon des sources officielles turques citées par l'agence de presse Anatolie. «La Turquie fera connaître son attitude définitive et prendra avec détermination les mesures qui s'imposent quand toute la lumière sera faite sur cet incident», a indiqué un communiqué des services du Premier ministre turc