Grèce: Un gouvernement, mais avec quels partis?

EUROPE Le leader de Nouvelle Démocratie, le parti vainqueur des législatives de dimanche, a reçu lundi les représentants des autres formations politiques...

Lucie Romano

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Le leader de Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras (à droite), et celui de Syriza, Alexis Tsipras (à gauche), avant leur entrevue au Parlement grec, à Athènes, le 18 juin 2012.
Le leader de Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras (à droite), et celui de Syriza, Alexis Tsipras (à gauche), avant leur entrevue au Parlement grec, à Athènes, le 18 juin 2012. — Petros Giannakouris/AP/SIPA

De notre envoyée spéciale à Athènes

A Athènes, les tractations sont en cours ce lundi pour former un gouvernement. Elles doivent aboutir «lundi soir dans le meilleur des cas ou mardi», expliquait à 20 Minutes lundi après-midi Chrysostomos Bibatzik, l’attaché de presse de Nouvelle Démocratie.

Le gouvernement se fera sans Syriza

Antonis Samaras, le chef de file du parti de droite, victorieux dimanche soir d’une courte tête devant la gauche radicale d’Alexis Tsipras (29,66% des suffrages exprimés contre 26,89%) mais sans majorité absolue, a reçu les représentants des principaux partis pour former «immédiatement» (et dans un délai légal maximal de trois jours) un gouvernement d’union nationale.

«Un gouvernement fort nous permettra de ne pas laisser trop de place à l’opposition de Tsipras et de mener à bien notre programme», confiait, ce lundi après-midi, Simos Kedikoglou, député de Nouvelle Démocratie fraîchement réélu dans l’île d’Evia. Ce gouvernement est très attendu à la fois par la communauté internationale et les marchés financiers, ainsi que par les Grecs, sept semaines après de premières élections législatives qui n’ont débouché sur aucune majorité.

Premier reçu en début d’après-midi lundi, le leader de Syriza a sans surprise décliné une nouvelle fois toute participation à une coalition menée par Nouvelle Démocratie et rappelé son intention d’être le parti principal d’opposition en «exerçant le contrôle sur le gouvernement».

De nouvelles élections dans quelques mois?

A 18 heures, c’était au tour d’Evangélos Vénizélos de rencontrer le leader de Nouvelle Démocratie au nom du Pasok. Le parti socialiste, arrivé en troisième position (12,28%), a indiqué sa disponibilité pour faire partie d’un cabinet d’union dans le cadre d’une «large coalition».

A eux deux, le Pasok et Nouvelle Démocratie ont une majorité absolue des sièges (162 sur 300) à l’Assemblée. Mais tout l’enjeu, lundi, était de se trouver d’autres soutiens, avec les Grecs indépendants, arrivés quatrièmes (avec7,51%) et Dimar, la gauche démocratique arrivée sixième (avec 6,26%, derrière les néo-nazis d’Aube dorée).

«Je pense que Dimar va accepter une entrée au gouvernement. Quant aux Grecs indépendants, j’ai plus de doutes, puisqu’ils sont contre le pacte de stabilité [et donc le train de mesures européen, NDLR]. Je pense que cette fois, nous aurons un gouvernement. Mais pour combien de temps? Je pense que l’austérité imposée par ce nouveau gouvernement, quelle que soit sa couleur exacte, sera tellement difficile que les Grecs vont violemment protester, et que dans quelques mois, il y aura de nouvelles élections», analysait lundi en fin de journée, pour 20 Minutes, le politologue Mihalis Spourdalakis.