La Chine s'apprête à envoyer sa première femme dans l'espace

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Trentenaires aux nerfs d'acier, Wang Yaping et Liu Yang sont toutes deux des pilotes de chasse formées aux missions spéciales, mais seulement l'une va devenir ces prochains jours l'héroïne céleste d'un milliard de Chinois.
Trentenaires aux nerfs d'acier, Wang Yaping et Liu Yang sont toutes deux des pilotes de chasse formées aux missions spéciales, mais seulement l'une va devenir ces prochains jours l'héroïne céleste d'un milliard de Chinois. — afp.com

Trentenaires aux nerfs d'acier, Wang Yaping et Liu Yang sont toutes deux des pilotes de chasse formées aux missions spéciales, mais seulement l'une va devenir ces prochains jours l'héroïne céleste d'un milliard de Chinois. En prenant place «autour de la mi-juin» dans le vaisseau spatial Shenzhou IX, à bord d'une fusée Longue Marche qui décollera depuis la base de Jiuquan dans le désert de Gobi, l'heureuse élue est assurée d'entrer dans l'Histoire.

Les deux femmes figurent avec quatre hommes sur la liste restreinte des candidats à l'envol censés rejoindre le module de station spatiale Tiangong-1, actuellement en orbite autour de la Terre. Comme d'habitude les autorités chinoises entourent d'un grand secret ce prochain lancement et la liste des trois astronautes choisis n'est pas connue. Mais, selon des sources concordantes citées par la presse officielle, l'équipage sera composé de deux hommes et d'une femme. De Wang Yaping et Liu Yang, la seconde tient même la corde, croit savoir le quotidien China Daily.

Le troisième pays à envoyer une femme dans l'espace

Sur quelques photographies apparues sur Internet, les deux femmes pilotes affichent le même air sérieux. Les deux femmes officiers restent enveloppées de mystère, mais partagent, selon leurs proches, une scolarité brillante et des états de service irréprochables. «Il est classique pour les astronautes chinois de commencer comme pilote dans les forces aériennes. Tous les astronautes chinois ont en commun cette expérience», a expliqué à l'AFP Morris Jones, un expert australien des questions spatiales.

L'entraînement des femmes a selon lui connu une accélération pour qu'elles soient opérationnelles pour la station orbitale. «Je pense que leur entraînement a été plus intensif et qu'il a omis certaines matières non essentielles. Ces femmes sont prêtes à voler dans l'espace, mais elles n'ont pas été formées au même niveau qu'un astronaute complètement formé», a-t-il souligné. La mission Shenzhou («Vaisseau divin») IX, qui comportera un amarrage effectué manuellement au module Tiangong-1 («Palais céleste»), s'inscrit dans le cadre d'un programme visant à doter la Chine d'un habitat spatial permanent à l'horizon 2020.

La Chine sera le troisième pays, après les Etats-Unis et l'URSS, à envoyer une femme dans l'espace grâce à sa propre technologie. Les lancements spatiaux chinois, qui coïncident souvent avec des dates de fêtes nationales, sont fortement imprégnés de nationalisme et celui-ci devrait également permettre au régime de se mettre en avant. Il interviendra 49 ans jour pour jour après que la Russe Valentina Terechkova, première femme cosmonaute de l'histoire, eut effectué son vol du 16 au 19 juin 1963, à l'issue duquel cette ancienne ouvrière du textile fut nommée Héroïne de l'Union soviétique.