Le Hamas signe le document « d'entente nationale »

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Coup de théâtre. Le gouvernement Hamas, qui appelle dans sa charte à la destruction d'Israël, a finalement signé hier le document « d'entente nationale », qui reconnaît implicitement l'Etat hébreu, et que le président palestinien Mahmoud Abbas voulait soumettre à référendum le 26 juillet faute d'accord jusque-là. Cette volte-face historique du Hamas intervient dans un contexte explosif. L'armée israélienne a déployé plusieurs milliers de soldats et des dizaines de blindés à la frontière de la bande de Gaza en vue d'une éventuelle opération d'envergure, après l'enlèvement dimanche d'un soldat israélien par des groupes palestiniens. La coïncidence de cet accord avec l'imminence d'une opération israélienne n'est pas fortuite, selon Jean-Paul Chagnollaud, professeur de sciences politiques et directeur de la revue Confluences Méditerrannée : « C'est un moyen politique pour tenter d'éviter la riposte militaire israélienne. » Le document a été signé par les mouvements palestiniens à l'exception du Djihad islamique, et doit être présenté au Premier ministre Haniyeh et au président Abbas.

Côté israélien, la nouvelle a été balayée d'un revers de main par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mark Regev. « Il s'agit d'une affaire palestinienne interne », a-t-il déclaré à l'AFP. Peu après, le Premier ministre, Ehoud Olmert, a néanmoins affirmé qu'il restait engagé sur le principe de négociations avec les Palestiniens, même dans ces « circonstances difficiles ».

F. V.