Iran: Le programme nucléaire au coeur de la réunion du conseil de l'AIEA

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L'AIEA veut en priorité accéder au site militaire de Parchin, près de Téhéran, où elle soupçonne l'Iran d'avoir procédé à des tests d'explosion conventionnelle pouvant être applicables au nucléaire. Elle craint que l'Iran soit en train d'effacer des traces sur les lieux en question.
L'AIEA veut en priorité accéder au site militaire de Parchin, près de Téhéran, où elle soupçonne l'Iran d'avoir procédé à des tests d'explosion conventionnelle pouvant être applicables au nucléaire. Elle craint que l'Iran soit en train d'effacer des traces sur les lieux en question. — Dieter Nagl afp.com

Le programme nucléaire controversé de L'Iran figure de nouveau au coeur des discussions du conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui se réunit à huis-clos à partir de ce lundi à son siège à Vienne. Les grandes puissances et Israël soupçonnent l'Iran de vouloir développer l'arme atomique sous couvert de son programme civil, ce que la République islamique dément formellement. Le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, a encore accusé dimanche les Occidentaux d'agiter «le mensonge» du danger nucléaire iranien uniquement parce qu'ils «ont peur de l'Iran islamique».

La réunion des 35 pays membres du conseil des gouverneurs de l'agence de l'Organisation des Nations Unies (ONU) doit durer jusqu'au vendredi 8 juin. Dans son dernier rapport, le directeur général, le japonais Yukiya Amano, avait pressé l'Iran de conclure un accord avec l'AIEA afin de permettre à ses inspecteurs d'accéder aux sites, documents et personnes susceptibles de l'aider à clarifier la nature du programme nucléaire de Téhéran.

Toujours pas d'accord signé

A son retour d'un voyage-éclair à Téhéran, le Japonais avait affirmé le 22 mai qu'un accord serait très prochainement signé, s'appuyant sur des promesses faites par le négociateur iranien, Saïd Jalili. Deux semaines après, il ne s'est toujours rien passé. L'AIEA veut en priorité accéder au site militaire de Parchin, où elle soupçonne l'Iran d'avoir procédé à des tests d'explosion conventionnelle pouvant être applicables au nucléaire. Elle craint que l'Iran soit en train d'effacer des traces sur les lieux en question.

Alors que le dossier iranien est également à l'ordre du jour du sommet UE-Russie à Moscou, dimanche et ce lundi, puis de rencontres du 5 au 7 juin à Pékin des dirigants chinois, russe et iranien (Hu Jintao, Vladimir Poutine et Mahmoud Ahmadinejad), une avancée dans les discussions avec l'AIEA serait bienvenue avant la reprise des négociations avec le Groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France et Allemagne) les 18 et 19 juin prochains à Moscou.

Lors d'une réunion à Bagdad, les 23 et 24 mai, les parties s'étaient séparées sur un constat de divergences, notamment concernant l'activité sensible d'enrichissement d'uranium à 20% de l'Iran. Le rapport de l'AIEA, qui fait état aussi d'un renforcement de la capacité de production dans le site nucléaire souterrain controversé de Fordo, où Téhéran enrichit de l'uranium jusqu'à 20%, pourrait conduire les grandes puissances à publier une nouvelle déclaration pressant l'Iran à coopérer pleinement, comme il y a trois mois, selon des sources diplomatiques.