Birmanie: Aung San Suu Kyi pour une justice indépendante, indispensable au développement

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Le développement de la Birmanie passera, avant toute loi, par une profonde réforme de la justice et une réelle indépendance des tribunaux, a estimé vendredi à Bangkok la chef de l'opposition Aung San Suu Kyi, dans un discours au Forum économique mondial pour l'Asie de l'Est.
Le développement de la Birmanie passera, avant toute loi, par une profonde réforme de la justice et une réelle indépendance des tribunaux, a estimé vendredi à Bangkok la chef de l'opposition Aung San Suu Kyi, dans un discours au Forum économique mondial pour l'Asie de l'Est. — Pornchai Kittiwongsakul afp.com

Le développement de la Birmanie passera, avant toute loi, par une profonde réforme de la justice et une réelle indépendance des tribunaux, a estimé ce vendredi à Bangkok la chef de l'opposition Aung San Suu Kyi, dans un discours au Forum économique mondial pour l'Asie de l'Est.

La lauréate du prix Nobel de la paix a imploré les dirigeants du pays de s'attaquer au système judiciaire birman, totalement inféodé au pouvoir militaire pendant un demi-siècle.

«Investisseurs en Birmanie, soyez prévenus»

«Les bonnes lois existent déjà en Birmanie mais nous n'avons pas de système judiciaire propre et indépendant», a-t-elle regretté pour sa première participation à une réunion internationale depuis son retour en Birmanie et son engagement en politique, en 1988. «Investisseurs en Birmanie, soyez prévenus s'il vous plait: même la meilleure loi sur les investissements ne sera d'aucune utilité s'il n'y a pas de tribunal suffisamment propre et indépendant pour l'appliquer (...) de façon juste».

«C'est notre problème et jusqu'à présent nous n'avons pas été informés de la moindre réforme sur le front judiciaire», a-t-elle ajouté, regrettant que les dirigeants actuels, d'anciens militaires crédités d'importantes réformes depuis un an, «ne semblent pas penser qu'il y ait un besoin de réforme judiciaire». Suu Kyi, 66 ans, est devenue députée pour la première fois lors des élections partielles d'avril après un total de 15 années de résidence surveillée.

Depuis 1988, elle avait toujours refusé de partir de son pays de peur que les militaires ne la laissent pas rentrer.

«Les gens sont très chaleureux ici, comme ils le sont en Birmanie»

Arrivée mardi soir à Bangkok, elle a largement volé la vedette au panel des participants du Forum, dont plusieurs dirigeants et hommes d'affaires de la région, entraînant dans son sillage une masse de journalistes à chacun de ses déplacements.

«Les gens sont très chaleureux ici, comme ils le sont en Birmanie (....). En fait, je trouve que les gens se ressemblent. C'est assez frappant», a-t-elle déclaré à l'AFP tard jeudi soir après un dîner de gala. Elle devrait en principe se rendre samedi dans le Nord de la Thaïlande, où une dizaine de camps de réfugiés abritent depuis des années quelque 100.000 Birmans, chassés de leur pays par les combats entre l'armée et des rebelles de minorités ethniques.