L'ancien président colombien, Alvaro Uribe, le 20 mars 2012, à Lima (Pérou).
L'ancien président colombien, Alvaro Uribe, le 20 mars 2012, à Lima (Pérou). — E.CASTRO-MENDIVIL / REUTERS

MONDE

Roméo Langlois: Ses liens avec les Farc critiqués par l'ancien président colombien Alvaro Uribe

L'ex-chef d'Etat, grand artisan de la lutte contre la guérilla, estime que le journaliste français en a fait la promotion...

Il y a au moins une personne en Colombie que la libération de Roméo Langlois ne réjouit pas, c’est Alvaro Uribe. Pour l’ancien président colombien (2002-2010), grand artisan de la lutte contre la guérilla, le journaliste français est un menteur qui n’a fait que faire la promotion des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

C’est sur son compte Twitter qu’Alvaro Uribe a exprimé mercredi ses critiques, retweetant également celles d’autres personnalités colombiennes envers le journaliste de France 24. «(Roméo) Langlois a terminé son camp d’été avec les Farc. Désormais, il va officier comme porte-parole de l’organisation terroriste», persifle par exemple Miguel Fierro, président d’une fondation anti-Farc.

Langlois «retrouve une liberté qu’il semble n’avoir jamais perdue»

L’ex-président colombien est moins ironique et plus direct. «Que faisait Langlois en Colombie? Quelle relation entretenait-il avec les Farc? Nous savons que vous nous trompez», interrogeait-il mercredi, jour de la libération du journaliste. «Langlois sait mentir. Aujourd’hui, il retrouve une liberté qu’il semble n’avoir jamais perdue», poursuit Alvaro Uribe. «Langlois, ne nous trompez plus, 50% des familles colombiennes ont été victimes des terroristes dont vous faites la promotion», insiste-t-il encore.

Le contentieux entre Roméo Langlois et Alvaro Uribe n’est pas nouveau. Début mai, l’ancien chef de l’Etat avait raconté à une radio colombienne que le «grossier» journaliste s’était montré agressif, lui présentant une série d’accusations durant un entretien que le second avait demandé durant un an. Depuis, Alvaro Uribe se disait «méfiant», s’interrogeant sur les raisons qui avaient conduit Roméo Langlois, présent sur place depuis une dizaine d'années, à accompagner une opération militaire.

Même s'il affirme avoir été traité «comme un invité», Roméo Langlois a «reproché» aux Farc de s'être livré à un «jeu politique» avant «toute considération humanitaire» et d'avoir «organisé un show», en le maintenant en captivité. «J'ai toujours fait profil bas ici pour pouvoir travailler, bouger partout, mais maintenant je me suis cramé», a-t-il également confié, assurant que cette expérience n'avait pas «changé sa perception du conflit colombien».