Le Timor-Oriental s'enfonce dans la crise

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Les milliers de manifestants réclamant sa tête, les menaces de démission du charismatique président Xanana Gusmão, les pressions de la communauté internationale, rien n'y a fait : le parti au pouvoir au Timor-Oriental a maintenu à son poste, hier, le très critiqué Premier ministre Mari Alkatiri. Au risque de voir le petit pays sombrer dans la guerre civile. Tout a commencé quand le Premier ministre a décidé, en mars, de limoger 600 soldats, sur les 1 400 que compte l'armée, qui avaient déserté pour protester contre les discriminations dont ils se disaient victimes. Des violences ont alors éclaté à Dili, la capitale, faisant une trentaine de morts et poussant des milliers d'Est-Timorais affolés à se réfugier dans les montagnes.

Le calme était revenu ces dernières semaines, avec l'aide des 2 700 soldats dépêchés par la communauté internationale. Mais la semaine dernière, un documentaire de la télévision australienne a accusé Alkatiri d'avoir mis sur pied des « escadrons de la mort » pour éliminer ses opposants. Le président Gusmão a alors exigé sa démission jeudi, sous peine d'abandonner son poste. Mais, selon la constitution de l'île, seul le parti au pouvoir peut décider ou non de renvoyer le chef du gouvernement. Et hier, le Fretilin a tranché en faveur du Premier ministre. En signe de protestation, des ministres ont démissionné, dont celui des Affaires étrangères, Prix Nobel de la paix 1996, José Ramos-Horta et celui des Transports, Ovidio de Jesus Amaral. « Des gens sont morts, a-t-il expliqué, il y a des dizaines de milliers d'Est-Timorais réfugiés dans des camps, ça ne peut pas continuer. »

C. Lemaistre