Grèce: Les sondages traduisent l'indécision de l'électorat

Reuters

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A trois semaines des nouvelles élections législatives en Grèce, le parti de droite Nouvelle Démocratie, favorable aux plans européens de soutien, et la coalition de la gauche radicale Syriza, qui rejette l'austérité, sont au coude à coude dans les sondages d'intentions de vote: moins de 2,5% les séparent. Deux des quatre sondages publiés vendredi et ce samedi donnent la coalition d'Alexis Tsipras en tête. Les deux autres placent la droite conservatrice en première position.

Selon les instituts, Nouvelle Démocratie est créditée de 23,6 à 27% des intentions de vote; Syriza est donnée entre 21,4% et 28,5%. Compte tenu de la prime de 50 députés attribuée au parti qui émergera en tête le 17 juin, l'ordre d'arrivée pourrait être déterminant pour former une majorité au Parlement, composé au total de 300 députés. Les socialistes du Pasok sont à la traîne, peu ou prou au même étiage qu'il y a trois semaines. Les quatre autres partis ayant franchi le seuil nécessaire à une représentation parlementaire sont pour leur part en recul par rapport aux résultats de début mai.

Référendum sur le maintien du pays dans la zone euro

Six semaines après s'être déjà rendus aux urnes, les Grecs retrouveront le chemin des bureaux de vote sous le regard anxieux de leurs partenaires européens et des marchés financiers: Nouvelle Démocratie et le Pasok présentent ces nouvelles élections comme un véritable référendum sur le maintien du pays dans la zone euro. Ils affirment qu'une victoire d'Alexis Tsipras et de sa coalition SYRIZA sonneraient le glas de l'appartenance de leur pays à l'Union économique et monétaire.

Dans les sondages, 75% des Grecs se disent favorables au maintien de l'euro, mais dans le même temps, les deux tiers de la population rejettent les programmes d'austérité (baisse des salaires et des pensions de retraite, coupes drastiques dans les budgets, réduction des effectifs de la fonction publique) qui accompagnent le plan de soutien de l'Union européenne, du FMI et de la Banque centrale européenne.

«Il y a une contradiction: les mêmes personnes professent leur attachement à l'euro mais dénoncent dans le même temps les plans d'aide sans voir le moindre lien entre ces deux points», estime le sondeur Yannis Mavris, de l'institut Public Issue.