L'Azerbaïdjan accueille la finale de l'Eurovision, les droits de l'homme en toile de fond

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L'Azerbaïdjan accueille samedi la finale de l'Eurovision dans sa capitale Bakou, un événement que compte mettre à profit l'ex république soviétique mais qui a aussi attiré l'attention sur les carences en termes de démocratie dénoncées par les défenseurs des droits de l'Homme.
L'Azerbaïdjan accueille samedi la finale de l'Eurovision dans sa capitale Bakou, un événement que compte mettre à profit l'ex république soviétique mais qui a aussi attiré l'attention sur les carences en termes de démocratie dénoncées par les défenseurs des droits de l'Homme. — Vano Shlamov afp.com

L'Azerbaïdjan accueille ce samedi la finale de l'Eurovision dans sa capitale Bakou, un événement que compte mettre à profit l'ex république soviétique mais qui a aussi attiré l'attention sur les carences en termes de démocratie dénoncées par les défenseurs des droits de l'Homme. Ce samedi soir, 26 finalistes vont s'affronter dans le Crystal Hall, un palais flambant neuf, érigé à Bakou en un temps record pour accueillir le concours.

Les «Bouranovskie Babouchki», des grands-mères russes d'un petit village de la Volga qui mêlent dans leur chanson traditionnelle l'anglais, le russe et l'oudmourte (langue locale du groupe finno-ougrien), et la Suédoise Loreen qui interprète une chanson techno-pop avec une danse proche du Kung-Fu, sont parmi les favoris de cette 57e édition. Un crooner britannique de 76 ans, Engelbert Humperdinck, semble aussi bien placé.

Sentiment de fierté

A Bakou, le sentiment de fierté est palpable avec le symbole de l'Eurovison-2012 -un coeur contenant le drapeau azerbaïdjanais- présent partout dans la ville. L'évenement est cependant avant tout une vitrine pour le président Ilham Aliev, qui a succédé à son père Heydar Aliev en 2003. Sa femme Mehriban Alieva dirige le comité d'organisation du spectacle, et son gendre Emin Agalarov interprétera des chansons pendant les intermèdes.

La radio américaine RFE/RL a de plus mis à jour ce qui semble être un conflit d'intérêt entre la famille Aliev et une compagnie impliquée dans la construction du Crystal Hall. Par ailleurs, le concours a été terni par les accusations d'ONG qui dénoncent depuis des années des violations des droits de l'homme dans l'ancienne république soviétique.

Plusieurs dizaines d'opposants ont été interpellés par la police jeudi à Bakou lors d'une manifestation. La police les a ensuite relâchés, en verbalisant certains. Les autorités déclarent que les opposants sont autorisés à s'exprimer du moment qu'ils n'enfreignent pas la loi. Mais l'opposition azerbaïdjanaise accuse la dynastie des Aliev, au pouvoir dans le pays quasiment depuis la chute de l'URSS en 1991, de réprimer la liberté d'expression et d'emprisonner des opposants sur de fausses accusations.