Canada: Manifestation festive sous une pluie battante à Montréal contre la loi spéciale

avec AFP

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Casseroles, saladiers, boîtes de conserve, poêles à frire, tout était bon à prendre vendredi soir dans les rues de Montréal, malgré la pluie battante, pour manifester dans le bruit l'opposition à la hausse des frais de scolarité et à la loi spéciale du gouvernement québécois.
Casseroles, saladiers, boîtes de conserve, poêles à frire, tout était bon à prendre vendredi soir dans les rues de Montréal, malgré la pluie battante, pour manifester dans le bruit l'opposition à la hausse des frais de scolarité et à la loi spéciale du gouvernement québécois. — Rogerio Barbosa afp.com

Casseroles, saladiers, boîtes de conserve, poêles à frire, tout était bon à prendre vendredi soir dans les rues de Montréal, malgré la pluie battante, pour manifester dans le bruit l'opposition à la hausse des frais de scolarité et à la loi spéciale du gouvernement québécois. «La loi spéciale, on s'en câlisse!», scandaient en choeur quelque 2.000 protestataires qui s'étaient retrouvés dans le centre de la ville pour leur trente-et-unième manifestation de nuit consécutive.

Malgré une pluie torrentielle, ces derniers marchaient en tapant sur leurs casseroles, la plupart trempés de la tête aux pieds, beaucoup en simples shorts et sandales, suivant un trajet qui n'avait pas été communiqué huit heures à l'avance à la police.

Tolérance tant que la manifestation ne dégénère pas

Pour cette raison, et selon la loi spéciale 78 adoptée le 18 mai par le gouvernement de la province francophone, objet de toutes les contestations car vue comme une entrave à la liberté d'expression et d'association, la manifestation avait été déclarée illégale par les forces de l'ordre. Mais la police la tolérait malgré tout tant que celle-ci ne dégénérait pas.

Et sur les trottoirs, l'ambiance était festive. Des personnes de tous âges applaudissaient au passage du cortège, en grande partie étudiant. Certains dans leur voiture reprenaient à coups de klaxon les airs des slogans, tandis que des familles à leur balcon s'étaient aussi armées d'objets métalliques pour prendre part au tintamarre ambiant. Plusieurs résidents allumaient et éteignaient la lumière de leur salon en signe de soutien aux manifestants.

Une contestation plus large

Dans la foule, Stella, 24 ans, ne semble guère embarrassée par la pluie. Pour elle, si le mouvement est parti de la décision du gouvernement d'augmenter les frais de scolarité pour les rapprocher de la moyenne américaine, il est devenu une contestation plus large, non seulement des entraves à la liberté d'expression mais aussi «des mesures d'austérité prises un peu partout face à la crise économique mondiale».

Après presque cinq heures de manifestation, la police municipale a indiqué à l'AFP que tout s'était déroulé dans le calme et qu'aucune arrestation confirmée n'était à déplorer. Un policier a même souligné que les manifestants «se défoulent sur leurs casseroles, c'est mieux comme ça». Le matin même, quelque 140 personnes issues de 25 organisations, groupes et associations avaient déposé deux recours en justice contre la loi spéciale, jugée "ignoble" et "muselant" le mouvement étudiant.