L'Italie marque le 20e anniversaire du meurtre du juge anti-mafia Falcone

avec AFP

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Vingt ans jour pour jour après l'attentat qui coûta la vie au juge anti-mafia Giovanni Falcone, le chef du gouvernement Mario Monti a appelé à "lutter sans quartier contre toutes les mafias", lors de la commémoration de ce funeste anniversaire mercredi à Palerme.
Vingt ans jour pour jour après l'attentat qui coûta la vie au juge anti-mafia Giovanni Falcone, le chef du gouvernement Mario Monti a appelé à "lutter sans quartier contre toutes les mafias", lors de la commémoration de ce funeste anniversaire mercredi à Palerme. — Marcello Paternostro afp.com

Des milliers de jeunes de toute l'Italie sont arrivés ce mercredi à Palerme, en Sicile, pour participer aux manifestations marquant le 20e anniversaire du meurtre du célèbre juge anti-mafia Giovanni Falcone, de sa femme et de son escorte.

Deux bateaux, surnommés «les navires de la légalité», partis de Naples et Civitavecchia et transportant des milliers de lycéens et étudiants accompagnés de plusieurs ministres, ont accosté à Palerme pour assister aux cérémonie en présence du président de la République, Giorgio Napolitano, et du chef du gouvernement, Mario Monti.

Le 23 mai 1992, une puissante charge explosive éventre la route menant de l'aéroport vers le centre de Palerme, touchant de plein fouet la voiture du magistrat. Dans cet attentat commandité par la mafia meurent Giovanni Falcone, son épouse et trois membres de son escorte. «Nous sommes revenus pour ne pas oublier», indique une pancarte soutenue à la sortie d'un «navire de la légalité» par le ministre de l'Education, Francesco Profumo, et le procureur national anti-mafia, Piero Grasso.

Membres de la Cosa nostra

Plusieurs manifestations ainsi que des défilés auront lieu durant toute la journée pour marquer cet anniversaire mais aussi commémorer le meurtre, commis deux mois plus tard, le 19 juillet 1992, de l'ami et collègue de Giovanni Falcone, Paolo Borsellino, un autre juge anti-mafia.

La première manifestation est prévue dans la prison palermitaine de l'Ucciardone, théâtre du «maxi-procès» contre la mafia qui avait conclu l'enquête menée à l'époque par les juges Falcone et Borsellino contre l'organisation criminelle. «Il n'y a aucune raison d'Etat qui puisse justifier des retards dans l'établissement des faits et des responsabilités. La seule raison d'Etat est la vérité», a déclaré à Palerme Mario Monti en évoquant les zones d'ombre qui existent encore autour de l'enquête sur la mort de Giovanni Falcone.

Les commanditaires et les exécutants de cet attentat, tous membres de Cosa Nostra, la mafia sicilienne, ont été arrêtés et condamnés mais le doute subsiste sur une éventuelle implication d'autres personnes, liées aux services de sécurité italiens. «Pour faire toute la lumière sur les attentats de 1992, nous avons besoin de la coopération de ceux qui savent et qui n'ont pas encore tout dit», a déclaré pour sa part Piero Grasso.