Ukraine: Bruxelles dénonce le problème «systémique» des procès politiques

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Les procès politiques sont un problème "systémique" en Ukraine, qui va au-delà du sort de l'ancienne Première ministre emprisonnée Ioulia Timochenko et nécessite une vaste réforme, a estimé mardi la Commission européenne.
Les procès politiques sont un problème "systémique" en Ukraine, qui va au-delà du sort de l'ancienne Première ministre emprisonnée Ioulia Timochenko et nécessite une vaste réforme, a estimé mardi la Commission européenne. — Armend Nimani afp.com

Les procès politiques sont un problème «systémique» en Ukraine, qui va au-delà du sort de l'ancienne Première ministre emprisonnée Ioulia Timochenko et nécessite une vaste réforme, a estimé ce mardi la Commission européenne. «La justice politiquement motivée est un problème systémique en Ukraine, et il requiert une solution systémique sous forme d'une vaste réforme judiciaire», a déclaré le commissaire Stefan Füle, qui s'exprimait au nom du chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, devant les députés européens à Strasbourg.

La fille de Ioulia Timochenko, Eugenia, assistait aux débats depuis les tribunes. Une grande bannière à l'effigie de sa mère a été déployée dans l'hémicycle par les députés du PPE (conservateurs), majoritaires au Parlement européen. Les Européens ne s'inquiètent pas uniquement d'une «justice sélective» à l'encontre de Ioulia Timochenko, mais également d'autres anciens membres du gouvernement, comme l'ex-ministre de l'Intérieur Iouri Loutsenko, condamné à quatre ans de prison, a-t-il fait valoir.

Un nouveau code de procédure pénale

Certes, a reconnu Stefan Füle, l'Ukraine vient d'adopter un nouveau code de procédure pénale qui constitue un «pas en avant». Cependant, cette réforme ne change rien au sort de ceux qui ont déjà été condamnés, comme Ioulia Timochenko. Il faut donc «réformer le Code pénal», a plaidé le commissaire. Les poursuites contre l'ancienne Première ministre ukrainienne ont déclenché de vives critiques internationales: incarcérée depuis août elle a été condamnée en octobre à 7 ans de prison pour abus de pouvoir. Un procès qu'elle a toujours dénoncé comme une vengeance personnelle du président Viktor Ianoukovitch, son rival élu en 2010.

L'Union européenne et plusieurs de ses membres ont notamment brandi la menace d'un boycott politique de l'Euro-2012 de football prévu du 8 juin au 1er juillet et dont l'Ukraine est coorganisatrice avec la Pologne. Le Parlement européen a offert à l'Ukraine son assistance pour tenter de trouver une solution satisfaisante pour toutes les parties sur le cas de Ioulia Timochenko, une aide que Kiev aurait acceptée, selon le président du Parlement européen Martin Schulz.

Le chef de file des députés conservateurs Joseph Daul a insisté au cours d'une conférence de presse sur la nécessité de résoudre «ce problème humanitaire». Les 271 députés du PPE vont «rédiger une lettre au gouvernement» ukrainien pour demander à voir Ioulia Timochenko, a-t-il dit. Interrogée par la presse sur l'opportunité d'un boycott, Eugenia Timochenko a répondu qu'il fallait «distinguer boycott sportif et politique» et dit «comprendre» un boycott politique. Elle a également affirmé espérer que la résolution que le Parlement européen doit voter jeudi -la quatrième sur le sujet- serait plus ferme que les précédentes, et qu'elle utiliserait le terme de «prisonnier politique».