En Grèce, la droite tente de se recomposer face à la poussée à gauche

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Face à la poussée de la gauche à un mois des élections du 17 juin, la droite grecque de la Nouvelle-Démocratie (ND) tente de recomposer son camp, qui a subi plusieurs scissions, en prônant l'unité des forces "patriotiques" et "proeuropéennes" pour maintenir le pays dans l'euro
Face à la poussée de la gauche à un mois des élections du 17 juin, la droite grecque de la Nouvelle-Démocratie (ND) tente de recomposer son camp, qui a subi plusieurs scissions, en prônant l'unité des forces "patriotiques" et "proeuropéennes" pour maintenir le pays dans l'euro — Aris Messinis afp.com

Face à la poussée de la gauche à un mois des élections du 17 juin, la droite grecque de la Nouvelle-Démocratie (ND) tente de recomposer son camp, qui a subi plusieurs scissions, en prônant l'unité des forces «patriotiques» et «proeuropéennes» pour maintenir le pays dans l'euro.

L'étoile montante de la politique grecque, Alexis Tsipras, chef de la Gauche radicale Syriza, qui dispute la première place dans les sondages à Antonis Samaras, dirigeant de la ND, inquiète la droite et a entraîné le retour dans ses rangs de Dora Bakoyannis, et de son parti Alliance Démocratique, dissident de la ND. «En vue des élections du 17 juin, nous avons demandé la création d'un grand front patriotique pour l'Europe afin de rassembler tous ces citoyens qui ne laisseront pas le pays s'entraîner par le populisme et l'aventurisme», a lancé Antonis Samaras en annonçant le ralliement lundi soir de Dora Bakoyannis.

Les législatives, test pro ou anti austérité

Issue d'une des grandes dynasties politiques du pays, ancienne ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de droite (2006-2009) et fille de l'ancien Premier ministre Constantin Mitsotakis, Dora Bakoyannis avait été radiée du parti en 2010, pour avoir voté en faveur du premier prêt accordé au pays par l'UE et le FMI, au prix de l'imposition d'un premier plan de rigueur dans le pays. A l'époque, Antonis Samaras, principal parti d'opposition face aux socialistes Pasok au pouvoir, demandait à toute force la renégociation du plan d'aide international au pays et l'allègement des mesures de rigueur.

Mais un an et demi plus tard, sous l'effet de la crise, la ND a été contrainte de participer à un gouvernement de coalition avec les socialistes et à accepter un deuxième prêt au pays par l'UE et le FMI, assorti d'une poursuite des mesures dites d'austérité qui comportent également des réformes structurelles de l'Etat. Du coup, le 6 mai, lors des législatives qui ont pris valeur de test pro ou anti austérité, la ND a subi de plein fouet le vote sanction contre les deux partis accusés d'avoir accepté sans broncher les diktats des prêteurs.

Bien qu'étant en première position (18,85%), le parti s'est retrouvé incapable d'obtenir une majorité pour former un gouvernement, même avec son ancien allié de circonstance le Pasok, qui s'est aussi effondré, tandis que le Syriza devenait la deuxième force politique du pays (16,78%). A gauche, Alexis Tsipras ne cesse de qualifier de «faux dilemme» l'enjeu des élections grecques tel que posé par la ND et le Pasok «dans ou hors de la zone euro». Il insiste sur «la dénonciation du mémorandum» et l'introduction de mesures «de croissance» en Europe pour tourner la page «de l'austérité».

La contestation des politiques de rigueur s'accentue

Sous la poussée du Syriza et après l'élection de François Hollande en France, partisan de la croissance, la contestation des politiques de rigueur s'est accentuée même au sein de la ND et du Pasok, qui demandent aussi une «renégociation du mémorandum» pour parer à la récession et au chômage mais pas «le rejet dans son ensemble, comme Syriza», disent-ils. L'objectif est de créer «un front national crédible pour renégocier quelques parties du mémorandum», a dit Dora Bakoyannis ce mardi à la télévision privée Skaï.

Dans le sillage des alliances de droite, deux petites formations libérales centristes, ont décidé de s'unir: le tout récent parti Création de nouveau de Thanos Tzimeros et L'action de Stéphanos Manos, député et ancien ministre de droite, qui n'ont pas pu atteindre le seuil de 3% et entrer au Parlement. Ces deux partis misent maintenant sur leur unité pour y parvenir. Mais, après l'implosion du système politique traditionnel le 6 mai, l'analyste Thomas Gérakis prévoit maintenant une repolarisation du scrutin du 17 juin «si forte» qu'elle pourrait «faire disparaître tous les petits partis en faveur de la ND et du Syriza».