Le conflit syrien gagne Beyrouth

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Dans les rues de Beyrouth, la capitale libanaise, lundi.
Dans les rues de Beyrouth, la capitale libanaise, lundi. — B. HUSSEIN / AP / SIPA

Dans la nuit de dimanche à lundi, partisans sunnites et membres de partis politiques prosyriens ont sorti les armes légères dans la banlieue sud de Beyrouth. Bilan : deux morts et une vingtaine de blessés. L'armée libanaise a aussitôt pris position dans le quartier. Une armée regardée de travers par la communauté sunnite depuis le drame qui a mis le feu aux poudres.
La veille, dans le nord du pays, cheikhs Ahmad Abdul Wahed et Mohammad Merheb – deux dignitaires sunnites opposants au régime de Damas – ont été abattus à un barrage militaire. La nouvelle de leur mort s'est répandue en quelques minutes et les sunnites du Nord-Liban ont immédiatement coupé les routes.
Quelques heures plus tard, pour la première fois depuis le début de la révolte en Syrie, les tensions confessionnelles ont gagné la capitale, Beyrouth. « Ça ne peut plus continuer comme ça ! », s'énervent Randa et Fawzi, qui tiennent un petit restaurant près de la Cité sportive, où partisans du Courant du futur (le parti de l'ancien Premier ministre Saad Hariri) ont affronté ceux du Parti du courant arabe et du PSNS (Parti social nationaliste syrien), alliés au régime baasiste de Bachar al-Assad.
Hariri est vite monté au créneau, demandant une commission d'enquête. Beyrouth, elle, retient son souffle. Circulation moins dense, magasins fermés dans certains quartiers, l'ambiance est lourde. Les réseaux sociaux sont, quant à eux, en pleine ébullition, la jeunesse appelant à une manifestation à 18 h, place des Martyrs, avec comme seules armes des bougies blanches et des drapeaux libanais. Pour dire stop à la violence.