La Grèce dos au mur

GRECE De nouvelles élections législatives à haut risque sur l'avenir du pays dans la zone euro en juin semblent inévitables...

M.B. avec AFP

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Le compte à rebours a commencé samedi pour une Grèce très divisée sur l'austérité, si elle veut éviter de nouvelles élections qui pourraient conduire à une sortie du pays de la zone euro, voire à sa banqueroute, faute d'avoir su former un gouvernement de coalition
Le compte à rebours a commencé samedi pour une Grèce très divisée sur l'austérité, si elle veut éviter de nouvelles élections qui pourraient conduire à une sortie du pays de la zone euro, voire à sa banqueroute, faute d'avoir su former un gouvernement de coalition — Louisa Gouliamaki afp.com

La Grèce s'enfonce dans la crise encore un peu plus. Le compte à rebours a commencé samedi pour un pays très divisé sur l'austérité, si il veut éviter de nouvelles élections qui pourraient le conduire à une sortie de la zone euro, voire à sa banqueroute, faute d'avoir su former un gouvernement de coalition.

 

Après avoir échoué vendredi à constituer un gouvernement de coalition, le dirigeant socialiste Evangélos Venizelos a rendu samedi midi au président Carolos Papoulias le «mandat exploratoire» que celui-ci lui avait confié. Les socialistes étaient le dernier des trois partis arrivés en tête des élections législatives de dimanche dernier à tenter, en vain, de former une coalition. Evangélos Vénizélos a jeté l'éponge après le refus d'Alexis Tsipras, leader de la Gauche radicale Syriza, farouche adversaire de la rigueur imposée par les créanciers de la Grèce, de participer à un gouvernement pro-euro avec les socialistes, la Nouvelle-démocratie (droite) et le petit parti de la Gauche démocratique (Dimar).

La contestation prend de l'ampleur

Les résultats du scrutin de dimanche, marqué par une forte percée de Syriza, arrivé en deuxième position, et l'entrée de députés néonazis au parlement, ont inquiété l'Europe. Ils révèlent en effet au grand jour l'ampleur de la contestation du plan d'austérité dicté par les créanciers en échange des prêts de sauvetage appliqués dans le pays depuis deux ans. Les analystes politiques estiment même qu'en cas de nouvelles élections, Syriza pourrait cette fois arriver en tête.

En tout cas, Alexis Tsipras a refusé de rejoindre l'équipe que souhaitait former Evangélos Vénizélos en soulignant qu'il n'allait pas «servir d'alibi» pour appliquer une politique d'austérité fortement contestée dans les urnes. Aucun parti n'ayant obtenu la majorité dimanche, le pays est plongé depuis cinq jours dans une paralysie politique.

Et le quotidien financier Naftemboriki soulignait samedi que l'homme qui a dirigé la difficile coalition de ces derniers mois, Lucas Papademos, avait d'ores et déjà informé Carolos Papoulias qu'il ne resterait pas jusqu'à de nouvelles élections. Dans un dernier effort pour éviter ce nouveau scrutin, le chef de l'Etat a convoqué dimanche les dirigeants des partis pour une réunion de la dernière chance. Ils auront jusqu'à jeudi pour se mettre d'accord et former un gouvernement de salut public, faute de quoi de nouvelles élections seront convoquées.

La Grèce va-t-elle rester dans la zone euro?

En jeu, se trouve la possibilité ou non pour la Grèce de continuer les plans de redressement engagés sous l'égide de ses créanciers, Union européenne (UE) et Fonds monétaire international (FMI) et de rester dans la zone euro. La Grèce donne ainsi de nouveau le vertige à ses partenaires européens et aux marchés, qui craignent qu'elle ne cède aux forces hostiles à la rigueur. «Nous sommes au bord du retour à la drachme et du désastre», estimait samedi matin le quotidien libéral Kathimerini. «Une grande partie de nos concitoyens ne s'en rendent pas compte, et c'est très dangereux», ajoute-t-il.