Echec des négociations en Grèce, vers de nouvelles élections législatives

EUROPE La gauche radicale part favorite dans l'éventualité de nouvelles législatives, selon un sondage...

Avec Reuters

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Les drapeaux de l'Union européenne et de la Grèce près du Parthénon (Athènes) en juillet 2011.
Les drapeaux de l'Union européenne et de la Grèce près du Parthénon (Athènes) en juillet 2011. — Petros Giannakouris/AP/SIPA

Les négociations en vue de la formation d'un gouvernement grec sont dans l'impasse après la décision, vendredi, de la Gauche démocratique, un parti modéré, de ne pas participer à une coalition favorable au plan d'aide international aux côtés des conservateurs et des socialistes.

«Nous sommes très clairs là-dessus, le parti de la Gauche démocratique ne participera pas à un gouvernement de coalition (composé) de Nouvelle Démocratie et du Pasok», a déclaré Fotis Kouvelis, chef de file de la Gauche démocratique, lors d'une réunion avec les députés de son parti, douchant semble-t-il les derniers espoirs d'accord.

Nouvelles élections législatives «inévitables»

Fotis Kouvelis avait proposé jeudi de former un gouvernement d'union nationale rassemblant tous les partis, qui maintiendrait la Grèce dans la zone euro tout en promouvant un désengagement «graduel» du plan de renflouement. Vendredi matin, le chef de file des conservateurs, Antonis Samaras, avait jugé cette proposition «proche» de la position de Nouvelle Démocratie (ND), formation arrivée en tête des élections législatives de dimanche dernier. «Nous luttons pour former un gouvernement et il y a toujours de l'espoir que cela fonctionne» avait-il déclaré aux députés conservateurs à l'issue de son entretien avec le socialiste du Pasok Evangelos Venizelos, troisième et dernier dirigeant à tenter cette semaine de former une coalition viable.

Mais les divisions au sein de la Gauche démocratique ont eu raison de ces tractations, la moitié environ de ses 19 élus refusant de participer à un gouvernement auquel ne s'associerait pas la Coalition de la gauche radicale Syrisa, hostile au plan d'aide et à son corollaire, l'austérité. Fotis Kouvelis a jugé «inévitable» la tenue de nouvelles élections législatives si Syrisa ne change pas de position.

La gauche radicale favorite d'un nouveau scrutin

Un tel revirement de la part de Syrisa, dont le chef de file, Alexis Tsipras, a également échoué à former une coalition, est d'autant plus improbable que les enquêtes d'opinion font de la Gauche radicale la grande bénéficiaire d'un nouveau scrutin, qui devrait se tenir dans trois ou quatre semaines. Selon un sondage rendu public jeudi par la chaîne de télévision Alpha, le score de Syrisa passerait de 16,78% à 23,8%, ce qui en ferait la première formation politique du pays et lui donnerait droit à la «prime» de 50 élus censée favoriser la constitution de gouvernements stables.

Un tel scénario atténuerait encore plus la perspective de voir les partis favorables au plan d'aide international former un gouvernement en éloignant ND et le Pasok de la majorité absolue au Parlement.