Coup de frein à l'impôt des Basques d'ETA

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Succès pour la coopération franco-espagnole au Pays basque. Une opération policière a permis l'arrestation, hier à l'aube, de douze personnes (sept en France et cinq en Espagne) impliquées dans le prélèvement de l'« impôt révolutionnaire » basque. Un coup de filet qui a aidé, selon les Espagnols, à démanteler le coeur de l'appareil de financement d'ETA, l'organisation séparatiste armée.

Jean Chalvidant*, chercheur à l'Institut de criminologie à Paris, ne partage pas cet enthousiasme. « Les personnes arrêtées ont entre 55 ans et 70 ans. Ce ne sont pas les tueurs d'ETA », estime-t-il. Cofondateur du mouvement en 1959, Julen de Madariaga y Aguirre figure parmi les personnes interpellées. Depuis plusieurs années, il avait pris ses distances avec le groupe armé pour rejoindre Aralar, parti indépendantiste non violent. « L'opération est un coup de semonce », ajoute le chercheur. Alors que les militants indépendantistes continuent de jeter des cocktails Molotov et de prélever l'impôt révolutionnaire malgré le « cessez-le-feu permanent » décrété le 22 mars, les autorités françaises et espagnoles ont fait savoir qu'elles n'étaient pas dupes et qu'elles pouvaient être réactives.

« Au moment où le gouvernement espagnol montre une grande volonté d'ouverture en Catalogne et au Pays basque, il doit aussi montrer sa fermeté », explique Philippe Moreau-Defarges**, chercheur à l'Institut français de relations internationales. En clair, ces arrestations sont un message envoyé aux extrémistes basques.

C. Lemaistre

* L'Espagne de Franco à Zapatero, éd. Atlantica, 2006.

** Où va l'Europe, éd. Eyrolles, 2006.