Grèce: L'extrême gauche échoue à son tour à former un gouvernement, dernière chance ce jeudi

CRISE Le leader de la gauche radicale Alexis Tsipras a jeté l'éponge ce mercredi, après l'échec du conservateur Antonis Samaras...

Reuters

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Alexis Tsipras, le chef de la coalition Syriza, devant le palais présidentiel à Athènes, le 9 mai 2012.
Alexis Tsipras, le chef de la coalition Syriza, devant le palais présidentiel à Athènes, le 9 mai 2012. — Kostas Tsironis/AP/SIPA

Alexis Tsipras, chef de file de la Coalition de la gauche radicale Syriza, hostile aux conditions de l'aide internationale à la Grèce, a renoncé mercredi à former un gouvernement.

Au tour du chef de file des socialistes

«Notre proposition a obtenu un large soutien dans la société mais pas au Parlement. Nous ne serons pas en mesure de réaliser notre rêve de former un gouvernement de gauche. Demain matin, je remettrai mon mandat», a-t-il déclaré, s'adressant aux députés de son mouvement, arrivé en deuxième position derrière les conservateurs aux législatives de dimanche.

Evangélos Vénizélos, numéro un du Pasok, le Parti socialiste, devrait être le troisième et dernier dirigeant politique à être invité à former un gouvernement, après les échecs d'Antonis Samaras, le chef de Nouvelle Démocratie (ND, conservateur), et d'Alexis Tsipras. Si lui aussi jette l'éponge, comme c'est fort probable, la Grèce n'aura d'autre choix que d'organiser de nouvelles législatives, dans trois ou quatre semaines.

A Bruxelles, les pays de la zone euro ont annoncé le versement d'une somme de 5,2 milliards d'euros à Athènes, malgré la réticence de certains Etats à procéder à ce paiement après le résultat des élections. Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a précisé qu'une somme initiale de 4,2 milliards d'euros serait versée jeudi, le milliard restant devant être transféré plus tard, «en fonction des besoins de financement de la Grèce». Le FESF estime qu'Athènes n'aura pas besoin de ce milliard avant juin.

L'Allemagne avertit la Grèce

Lors de leurs entretiens mercredi avec le dirigeant de Syriza, Samaras et Vénizélos ont refusé de s'associer à lui. «Au stade actuel, un accord est impossible mais il faut poursuivre les efforts», a dit Vénizélos. «M. Tsipras (...) m'a demandé d'accepter une sortie de l'euro et la faillite du pays. Je ne le ferai pas», a déclaré pour sa part Antonis Samaras.

L'Allemagne a solennellement mis en garde la Grèce mercredi, par la voix de son ministre des Affaires étrangères. Selon Guido Westerwelle, la Grèce ne recevra plus aucune tranche d'aide financière si elle renonce à l'austérité. «L'Allemagne aimerait que la Grèce demeure dans la zone euro mais le fait de savoir si elle y restera ou non n'est pas de notre ressort», a-t-il ajouté, lors d'un déplacement à Bruxelles.

Si la Grèce ne reçoit plus d'aide dans le cadre du plan de l'Union européenne et du FMI d'un montant total de 130 milliards d'euros, elle se retrouvera vite en faillite, ne pouvant plus assumer ses obligations. Selon les analystes, la victoire en France de François Hollande, qui défend une politique de croissance, a encouragé les Grecs à voter contre l'austérité imposée par l'Europe.

Les élections anticipées de dimanche ont donné naissance à un paysage parlementaire inédit en Grèce.