Euro 2012: Varsovie fait pression sur Kiev à propos de Timochenko

Reuters

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La Pologne -co-organisatrice avec l'Ukraine du championnat d'Europe des nations de football, qui se tiendra du 8 juin au 1er juillet- a enjoint l'Ukraine ce mercredi à renoncer aux dispositions de sa législation qui autorisent l'emprisonnement de responsables politiques pour des décisions prises en exercice, tentant ainsi de neutraliser la polémique sur la détention de Ioulia Timochenko.

La décision d'emprisonner l'égérie de la «révolution orange» de 2004, condamnée l'an dernier à sept ans de détention pour abus de pouvoir, a suscité la condamnation de la communauté internationale. Ses conditions de détention font aujourd'hui polémique, allant jusqu'à pousser certains dirigeants européens à appeler à un boycottage politique de l'événement sportif.

Des réglementations «obsolètes» et «contraires aux normes européennes»

«De mon point de vue, (cette constestation) ne se serait pas produite si les réglementations obsolètes, contraires aux normes européennes en prévoyant la prison pour des décisions politiques, avaient été supprimées en temps voulu», a déclaré le président polonais, Bronislaw Komorowski. «C'est pourquoi j'appelle les autorités et tous les pouvoirs politiques ukrainiens (...) à se départir aussi vite que possible de ces dispositions législatives, et de (cette mauvaise pratique) de la vie politique ukrainienne», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

La président polonais a réitéré sa critique d'un appel au boycott, estimant que cette attitude ne ferait qu'entraver les ambitions de rapprochement de l'Ukraine avec l'Union européenne et risquerait de jeter l'ancienne république soviétique dans les bras de la Russie. Ioulia Timochenko, 51 ans, l'un des principaux adversaires politiques du président Viktor Ianoukovitch, a été condamnée en octobre dernier pour avoir, selon la justice ukrainienne, abusé de ses pouvoirs lors de son deuxième mandat, entre 2007 et 2010. L'Union européenne et les Etats-Unis ont condamné le jugement et demandé sa libération.