Israël: Un gouvernement d'union nationale avec l'Iran en ligne de mire

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La décision de Benjamin Netanyahu de faire entrer le parti d'opposition Kadima au gouvernement israélien est d'abord motivée par des considérations de politique intérieure, mais pourrait renforcer sa marge de manoeuvre dans l'hypothèse d'une frappe sur l'Iran.
La décision de Benjamin Netanyahu de faire entrer le parti d'opposition Kadima au gouvernement israélien est d'abord motivée par des considérations de politique intérieure, mais pourrait renforcer sa marge de manoeuvre dans l'hypothèse d'une frappe sur l'Iran. — Gali Tibbon afp.com

La décision de Benjamin Netanyahou de faire entrer le parti d'opposition Kadima au gouvernement israélien est d'abord motivée par des considérations de politique intérieure, mais pourrait renforcer sa marge de manoeuvre dans l'hypothèse d'une frappe sur l'Iran. Le Premier ministre et le chef de l'opposition Shaul Mofaz ont conclu un pacte d'union nationale qui évite des élections législatives anticipées et place  Benjamin Netanyahou à la tête d'une des coalitions les plus larges de l'histoire d'Israël.

Selon les commentateurs, cette annonce inattendue est avant tout le résultat des difficultés de Benjamin Netanyahou au sein de son parti, le Likoud (droite). Confronté à une fronde de la frange ultra de sa formation, le chef du gouvernement a préféré un recentrage politique à une confrontation avec le lobby des colons qui lui reprochent de trahir «les valeurs traditionnelles» du Likoud, l'accusant de manquer de fermeté sur la colonisation.

Les sondages promettent à Kadima une déroute en cas d'élections anticipées

«Netanyahou était soumis aux pression de l'aile la plus à droite de son parti, notamment sur la question des colonies», explique à l'AFP l'analyste Mark Heller, de l'Université de Tel-Aviv. «Le nouveau gouvernement est une bonne solution pour lui, comme pour Mofaz, car ils étaient tous les deux en difficulté», relève Mark Heller.

«Mofaz préfère entrer maintenant dans le gouvernement avec ses 28 députés plutôt que d'attendre les prochaines élections et devenir un partenaire de second plan avec seulement 10 à 11 sièges», souligne-t-il. Les sondages promettent au parti de Shaul Mofaz, Kadima, premier à la Knesset, devant le Likoud (27 députés), une déroute en cas d'élections anticipées. Les Israéliens apparaissent mitigés sur l'alliance de Benjamin Netanyahou avec Shaul Mofaz, ancien chef d'état-major et ex-ministre de la Défense.

Dans un sondage publié ce mercredi par le quotidien de gauche Haaretz, seulement 23% des personnes interrogées estiment que l'accord a été motivé par l'intérêt national, contre 63% qui l'attribuent à des considérations politiques et personnelles.