Ukraine: Ioulia Timochenko a arrêté sa grève de la faim

MONDE L'ancienne dirigeante ukrainienne, en grève de la faim depuis le 20 avril dernier, a repris «un régime de nutrition normal», selon le médecin qui la suit...

Avec Reuters

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L'ex-Premier ministre ukrainien Ioulia Timochenko au tribunal de Kiev (Ukraine), le 11 octobre 2011.
L'ex-Premier ministre ukrainien Ioulia Timochenko au tribunal de Kiev (Ukraine), le 11 octobre 2011. — A.PROKOPENKO / AFP

L'ex-Première ministre ukrainienne, Ioulia Timochenko, a cessé ce mercredi la grève de la faim qu'elle observait depuis le 20 avril, a déclaré le médecin allemand Lutz Harms, qui soigne l'opposante à l'hôpital de Kharkiv. «Elle a cessé sa grève de la faim. Nous reprenons un régime de nutrition normal», a déclaré Lutz Harms à des journalistes à l'hôpital où l'opposante a été admise dans la matinée après avoir été transférée de la prison de Kharkiv.

Selon des journalistes de Reuters présents à l'hôpital, Timochenko est entrée par une entrée latérale ce mercredi matin sous bonne garde policière. Quelques-uns de ses partisans ont scandé «Liberté pour Ioulia!». Selon sa fille Evguenia, l'ancien chef du gouvernement va progressivement stopper sa grève de la faim durant le traitement à l'hôpital.

Suspicion envers les médecins ukrainiens

Ioulia Timochenko, 51 ans, l'un des principaux adversaires politiques du président Viktor Ianoukovitch, a été condamnée en octobre dernier pour avoir, selon la justice ukrainienne, abusé de ses pouvoirs lors de son deuxième mandat, entre 2007 et 2010. L'Union européenne et les Etats-Unis ont condamné le jugement et demandé sa libération.

Elle a commencé à jeûner après avoir été frappée par des gardiens lors d'un transfert à l'hôpital, selon son avocat, ce que démentent les autorités pénitentiaires. Ioulia Timochenko souffre de vives douleurs au dos dues à une hernie. Elle a refusé de se faire soigner par des médecins ukrainiens employés par l'Etat en qui elle dit ne pas avoir confiance. Viktor Ianoukovitch n'a pas fait de déclaration publique sur la situation de son ex-rivale, mais s'est refusé à intervenir pour obtenir sa libération, affirmant respecter les décisions de justice.

Tensions diplomatiques... et sportives

La semaine dernière, les autorités ukrainiennes avaient refusé qu'elle soit transférée en Allemagne pour se faire soigner. Timochenko avait donné par la suite son accord pour être soignée localement sous le contrôle de médecins allemands.

Son transfert dans un hôpital situé à douze kilomètres de sa prison est le dernier développement d'une affaire qui embarrasse l'Ukraine, coorganisatrice de l'Euro 2012 de football, du 8 juin au 1er juillet, alors que plusieurs dirigeants européens ont appelé à un boycott politique de l'événement. Mardi, Kiev a décidé d'annuler un sommet des dirigeants de l'Europe de l'Est qui devait avoir lieu à Yalta les 11 et 12 mai prochain. De nombreux chefs d'Etat avaient annoncé le boycottage de la réunion pour protester contre le traitement infligé à Timochenko.