Etats-Unis: Comment un agent de la CIA a déjoué un attentat

TERRORISME Infiltré au sein d'Al-Qaida, il a réussi à mettre la main sur un nouveau type de bombe qui ne contient aucun métal...

Avec Reuters

— 

Démonstration des performances d'un scanner à l'aéroport de Schipol, aux Pays-Bas.
Démonstration des performances d'un scanner à l'aéroport de Schipol, aux Pays-Bas. — STARMEDIA / IMAGO / SIPA

Le kamikaze qui devait faire exploser une bombe à bord d'un avion de ligne à destination des Etats-Unis était en fait un infiltré placé au sein de la branche yéménite d'Al-Qaida par les agences américaines du renseignement, ont rapporté mardi des médias américains.

La CIA a travaillé en étroite coopération avec les renseignements saoudiens pour placer un de ses agents au coeur d'Al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa), affirme le New York Times. De sources proches de l'administration américaine, on confirme seulement que ce pseudo-kamikaze a infiltré le réseau grâce à une agence étrangère de renseignements ou qu'il a été «retourné» au tout début des préparatifs du complot, qui a été rendu public lundi par les autorités américaines. L'objectif était de mettre la main sur un nouveau type d'explosifs, une bombe ne comprenant aucun matériau métallique mise au point par les djihadistes pour pouvoir franchir les portiques de sécurité, précise le Los Angeles Times.

Mission accomplie

L'agent double s'est porté volontaire auprès des chefs d'Al-Qaida au Yémen pour mener un attentat suicide contre un avion de ligne et les a convaincus de lui confier la mission, ajoute le journal. Il a pu alors remettre aux agences américaines de sécurité la bombe d'un nouveau type et a été exfiltré. La transaction a été menée au cours des dix derniers jours, ajoute-t-on de sources américaines.

L'engin explosif est en cours d'examen dans les laboratoires du FBI à Quantico, en Virginie. Ces tests permettront d'établir si ce type de bombe peut déjouer les dispositifs de sécurité dans les aéroports, et s'il convient par conséquent de réexaminer les moyens mis en oeuvre pour assurer la protection du transport aérien.

«C'est d'un intérêt considérable pour le renseignement»

Mais dans l'administration Obama, on affirme que l'engin explosif aurait été détecté par les scanners corporels déjà installés dans plus de 180 des 450 aéroports américains soumis aux règles fédérales de sécurité. «Le FBI est en possession de cet engin et l'analyse», a confirmé la sénatrice républicaine Susan Collins, qui siège à la commission de la Sécurité intérieure. «C'est d'un intérêt considérable pour le renseignement», a-t-elle ajouté.

Cette bombe d'un nouveau genre semble être une version améliorée des «sous-vêtements piégés» qu'un Nigérian de 25 ans, Farouk Abdulmutallab, avait tenté de faire exploser le 25 décembre 2009 à bord d'un avion de la compagnie Delta Airlines entre Amsterdam et Detroit. Il avait été maîtrisé à temps par des passagers et des membres de l'équipage.

Aqpa avait revendiqué la tentative d'attentat

Aqpa, considéré par la communauté du renseignement comme le mouvement le plus dangereux de la mouvance islamiste armée, avait revendiqué sa tentative d'attentat. «Comme cette bombe, l'engin porte la marque d'Ibrahim Assan Asiri, artificier redouté d'Al-Qaida», écrit le Los Angeles Times, qui ajoute que cet homme vivrait dans la clandestinité au Yémen.

La mission a permis en outre d'identifier et de localiser un des principaux responsables d'Al-Qaida, Fahd al-Qasaa, qui a été tué dimanche au Yémen par un missile tiré par un drone de la CIA, écrivent plusieurs journaux américains. Qasaa aurait joué un rôle dans l'attaque de l'an 2000 contre l'USS Cole, un bâtiment de la marine américaine, dans un port du Yémen.