Roméo Langlois: Un journaliste proche des Farc propose un échange humanitaire

COLOMBIE Considéré par les Farc comme un «prisonnier de guerre», le journaliste français est aux mains des Farc depuis le 28 avril...

avec AFP

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Un journaliste colombien de l'agence Anncol, considérée comme proche des Farc, a proposé mardi de libérer son fondateur, emprisonné depuis un an, en échange du correspondant français Roméo Langlois, dont la guérilla marxiste a revendiqué la capture.
Un journaliste colombien de l'agence Anncol, considérée comme proche des Farc, a proposé mardi de libérer son fondateur, emprisonné depuis un an, en échange du correspondant français Roméo Langlois, dont la guérilla marxiste a revendiqué la capture. — afp.com

Un journaliste colombien de l'agence Anncol, considérée comme proche des Farc, a proposé mardi de libérer son fondateur, emprisonné depuis un an, en échange du correspondant français Roméo Langlois, dont la guérilla marxiste a revendiqué la capture.

Echange de prisonnier... et débat sur la presse

«Nous voulons proposer un échange de prisonniers de guerre et aussi un débat sur le journalisme en Colombie», a annoncé Luis Ernesto Almario, journaliste vivant actuellement en exil en Australie, dans une déclaration à la radio La W de Bogota.

Correspondant de l'agence Anncol (Agence d'information nouvelle Colombie), Luis Ernesto Almario réclame la libération de son fondateur Joaquin Perez, considérant que ce dernier est un «prisonnier du gouvernement colombien». Considéré par les autorités colombiennes comme un guérillero des Farc, ce dernier, qui a créé l'agence Anncol en Suède en 1995, est emprisonné à Bogota depuis avril 2011, après avoir été extradé par le Venezuela. Membre du «Comité international de libération de Joaquin Perez», Luis Ernesto Almerio assure que le fondateur d'Anncol et le journaliste français sont «tous les deux des prisonniers de guerre».

Correspondant de la chaîne France 24, Roméo Langlois a disparu le 28 avril alors qu'il tournait un reportage en compagnie d'une brigade, attaquée par les Farc qui ont abattu quatre militaires.

«Un civil ou un journaliste n'est pas un prisonnier de guerre»

Dans un message diffusé dimanche, la guérilla a réclamé un «débat sur la liberté d'informer», qualifiant le journaliste français de «prisonnier de guerre» au motif qu'il portait un casque et un gilet pare-balles de l'armée. «Si on attrape quelqu'un au milieu d'un combat, c'est un prisonnier de guerre. On parle d'enlèvement, mais quel enlèvement? Il était aux côtés de l'armée et a été capturé durant un combat», a encore déclaré le journaliste d'Anncol.

Le ministre colombien de la Défense Juan Carlos Pinzon a refusé mardi de «polémiquer» sur ces questions avec les Farc, soulignant qu'«aucun concept légal international» ne permet de qualifier de prisonnier de guerre «un civil ou un journaliste exerçant son métier». La guérilla «ne peut fixer aucune condition et le gouvernement ne peut polémiquer avec des criminels», a-t-il assuré dans un communiqué.