Italie: Déroute de la droite berlusconienne aux municipales partielles

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La droite de Silvio Berlusconi était en déroute à l'issue du premier tour des municipales partielles en Italie, selon de premières estimations publiés lundi, révélatrices d'une percée de formations hostiles ou qui se démarquent des partis traditionnels, ainsi que d'un malaise social.
La droite de Silvio Berlusconi était en déroute à l'issue du premier tour des municipales partielles en Italie, selon de premières estimations publiés lundi, révélatrices d'une percée de formations hostiles ou qui se démarquent des partis traditionnels, ainsi que d'un malaise social. — Vladimir Rodionov afp.com

La droite de Silvio Berlusconi est en déroute à l'issue du premier tour des élections municipales partielles organisées dimanche et lundi, selon de premières estimations publiés ce lundi, qui montrent que dans de nombreux cas elle ne sera même pas qualifiée pour le second tour. Selon les chiffres de l'Institut Piepoli, à Palerme (Sicile), la plus grande ville appelée aux urnes, deux candidats de gauche se retrouveront en ballottage au second tour les 20 et 21 mai: Leoluca Orlando (46,8%), porte-parole de l'Italie des Valeurs, et Fabrizio Ferrandelli (16,4%), candidat du Parti démocrate (PD).

Leoluca Orlando a déjà été maire de Palerme, de 1985 à 1990, où il fut un emblème de la lutte anti-mafia. Le candidat du Peuple de la Liberté (PDL, le parti du Cavaliere), Massimo Costa, arrive seulement troisième avec moins de 14% des suffrages. «Nous nous sommes trompés en choisissant les candidats (...) On a la manie de chercher de jolies têtes sans s'informer de leur expérience, alors que les gens veulent des personnes fiables, et pour les Palermitains Orlando est plus fiable», a estimé Ignazio La Russa, coordinateur national du PDL.

Le PD «en tête dans la grande majorité des communes»

De son côté, le PD est «en tête dans la grande majorité des communes», s'est réjoui un responsable du parti, Davide Zoggia, mettant l'accent sur le fait que «dans plusieurs cas la droite n'arrivera même pas au ballottage mais sera reléguée à la troisième ou quatrième place». C'est le cas à Parme (nord), où le candidat du PD Vincenzo Bernazzoli est nettement en tête avec 34,7%, devant le candidat de la formation "Cinq étoiles" du comique Beppe Grillo (un mouvement surfant sur le rejet de la politique), Federico Pizzarotti (21,6%).

Scénario proche à Gênes, le grand port ligure, où le candidat du centre-gauche Marco Doria caracole largement en tête avec 46,5% des voix, devant deux candidats au coude à coude, Enrico Musso (centre, 15,8%) et Paolo Putti («Cinq étoiles», 14%). Le succès des listes «Cinq étoiles» était «dans l'air, ce sont des phénomènes qui se produisent dans des moments où les gens se sentent désorientés et recherchent un point de référence qui ne soit pas institutionnel», a réagi la ministre de l'Intérieur Annamaria Cancellieri.

Flavio Tosi, exception pour la Ligue

Toujours selon les premières projections, le maire sortant de Vérone, Flavio Tosi, ténor de la Ligue du Nord (parti populiste qui a rompu avec son ex-allié le PDL), serait réélu dès le premier tour avec 55% des voix, nettement devant le candidat de centre-gauche Michele Bertucco (21%). Mais Flavio Tosi fait figure d'exception pour la Ligue, dont le fonds de commerce est la lutte contre «Rome la voleuse», mais dont plusieurs dirigeants sont soupçonnés d'avoir détourné des fonds publics.

Ce parti favorable à l'autonomie du nord du pays est en fort recul dans ses fiefs septentrionaux, de Varese à Côme en passant par Bergame. Les premiers résultats montrent donc un important recul du PDL et de la Ligue pour ce scrutin, où sont en jeu 941 municipalités (sur 8.000), dont 26 chefs-lieux de province. Le taux de participation s'établit à 67%, en baisse de 7 points par rapport au précédent scrutin.

Ces élections sont aussi un premier test politique près de six mois après l'arrivée au pouvoir de l'austère ex-commissaire européen Mario Monti, qui a mis fin au règne de Silvio Berlusconi, marqué par la corruption et de multiples scandales. Les prochaines législatives doivent se tenir en 2013.