Italie: Des tirs sur un industriel font craindre un retour du terrorisme

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Le Pdg d'Ansaldo Nucleare, une filiale du géant public italien Finmeccanica, a été blessé lundi aux jambes par un tireur qui l'a visé en pleine rue à Gênes (nord-ouest), un acte qui fait ressurgir le spectre des attaques terroristes des années 70.
Le Pdg d'Ansaldo Nucleare, une filiale du géant public italien Finmeccanica, a été blessé lundi aux jambes par un tireur qui l'a visé en pleine rue à Gênes (nord-ouest), un acte qui fait ressurgir le spectre des attaques terroristes des années 70. — Paolo Rattini afp.com

Le PDG d'Ansaldo Nucleare, une filiale du géant public italien Finmeccanica, a été blessé ce lundi aux jambes par un tireur qui l'a visé en pleine rue à Gênes. Un acte qui fait ressurgir le spectre des attaques terroristes des années 70.

Roberto Adinolfi, un ingénieur de 53 ans, patron d'une filiale de Finmeccanica qui produit des réacteurs nucléaires, sortait de son domicile pour rejoindre sa voiture au moment de l'agression. Selon les premiers éléments recueillis par les carabiniers, l'agresseur l'a suivi à pied pendant quelques mètres avant de tirer par derrière un coup de feu qui l'a touché au niveau du mollet. L'individu a rejoint un complice qui l'attendait sur une moto, et les deux hommes ont pris la fuite. Roberto Adinolfi a été opéré d'une fracture au tibia, mais ses jours ne sont pas en danger.

Les mêmes modes d'action que les Brigades rouges

Le fait de tirer dans les jambes et l'arme utilisée (un pistolet semi-automatique de fabrication russe Tokarev) font penser aux modes d'action du groupe terroriste d'extrême gauche des Brigades rouges, ont indiqué les enquêteurs, en soulignant qu'une «colonne gênoise» avait visé quatre dirigeants d'Ansaldo entre 1975 et 1979. Le procureur en chef du parquet de Gênes, Michele Di Lecce, n'a pas exclu la piste terroriste, ajoutant que «d'autres pistes restent ouvertes» et qu'il n'y a «pas pour le moment de revendication».

«C'est comme s'ils avaient voulu dire: recommençons comme il y a 40 ans», a déclaré un membre des forces de sécurité à l'agence Ansa. Des enquêteurs cités par les médias ont aussi évoqué le mouvement anarchiste particulièrement fort à Gênes en soulignant avoir relevé sur Internet des appels à la lutte armée. Le grand patron de Finmeccanica Giuseppe Orsi a également fait part de son inquiétude, estimant que si l'origine terroriste était confirmée, il y aurait «un danger de déstabilisation sociale lié aux difficultés économiques du pays et un risque d'instrumentalisation des faits dans un but idéologique».

«Les modalités et le choix de la cible nous ramènent aux années de plomb», a estimé la sénatrice Sabina Rossa, fille d'un syndicaliste tué par les Brigades rouges en 1979. Mais elle s'est voulu rassurante en estimant que ni «le contexte social ni l'humus politique ne sont les mêmes». Le principal syndicat italien Cgil (gauche) a dénoncé «avec force un acte d'une gravité inédite», appelant à «relever le niveau d'alerte face aux dérives violentes». Plusieurs hommes politiques de gauche et de droite ont aussi exprimé leur indignation.