Fukushima, mon amour 

JAPON Les touristes nippons retournent dans le nord-est du pays...

Mathias Cena

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Des touristes, le 2 mai 2012, dans la région de Fukushima (Japon), dévastée en mars 2011.
Des touristes, le 2 mai 2012, dans la région de Fukushima (Japon), dévastée en mars 2011. — HARUKA TAKAHASHI / AP / SIPA

La désaffection des Japonais n’aura pas duré longtemps. Pour la Golden Week, le pont annuel du début mai, les agences de voyages nipponnes ont fait le plein de réservations à destination du Tohoku, région en partie dévastée par le tsunami du 11 mars 2011.

L’une des principales agences de voyages du pays, qui avait accusé l’an dernier à la même époque un recul de 90% du nombre de touristes, enregistrerait même une hausse de 7% des réservations cette année par rapport à 2010, selon le quotidien Yomiuri Shimbun.

«Le Tohoku [«Nord-Est» en japonais] a toujours été une destination appréciée des Nippons pour ses sources d’eau chaude ou ses festivals, explique Ikuko Nagao, de l’Office national du tourisme japonais à Paris. Ils y reviennent donc, à la différence des Français, qui ne l’ont jamais beaucoup fréquentée, en évitant simplement les abords de la centrale nucléaire de Fukushima.»

Un lieu de solidarité

Il faut dire que le Tohoku, qui regroupe les six préfectures septentrionales de l’île principale du Japon, dont celle de Fukushima, dispose de nombreux atouts. Matsushima, «l’île pin», située à moins d’une centaine de kilomètres au nord de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, est ainsi l’une des «trois vues» les plus célèbres du Japon. Plus au nord, le site archéologique de Hiraizumi a été classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Outre sa beauté, et le fait que les cerisiers y fleurissent plus tard qu’à Tokyo, le Tohoku est aussi devenu un lieu où exprimer sa solidarité. Dans les mois qui ont suivi le tsunami, les ONG dédiées à la reconstruction se sont multipliées, et beaucoup de Japonais veulent s’y rendre. L’organisation It’s Not Just Mud, qui s’est spécialisée dans la remise en état des habitations, a dû clore les inscriptions de volontaires il y a plus d’un mois. Victime de son succès.

Une région Ignorée des Français

Avant le séisme, les voyageurs français accordaient leur préférence à Tokyo et à la région de Kyoto. Selon une étude de 2010, moins de 1% des Français visitant le Japon se rendaient dans le Tohoku. «Ceux qui y vont sont ceux qui ont de la famille sur place, confie-t-on à l’agence parisienne Destination Japon. On a eu moins d’une vingtaine de réservations en six mois.»