Grèce: Les élections législatives pèseront lourd dans l'avenir du pays

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L'inquiétude montait samedi en Grèce et en Europe, à la veille d'élections législatives qui pourraient voir un effondrement des deux grands partis traditionnels et une forte poussée des extrêmes, laissant craindre une paralysie du pays et une remise en cause des efforts de rigueur pour assurer son maintien dans l'euro
L'inquiétude montait samedi en Grèce et en Europe, à la veille d'élections législatives qui pourraient voir un effondrement des deux grands partis traditionnels et une forte poussée des extrêmes, laissant craindre une paralysie du pays et une remise en cause des efforts de rigueur pour assurer son maintien dans l'euro — Aris Messinis afp.com

L'inquiétude montait samedi en Grèce et en Europe, à la veille d'élections législatives qui pourraient voir un effondrement des deux grands partis traditionnels et une forte poussée des extrêmes, laissant craindre une paralysie du pays et une remise en cause des efforts de rigueur pour assurer son maintien dans l'euro.

Au dernier jour de la campagne électorale, le coup de semonce est venu d'Allemagne, sourcilleux gendarme du respect par Athènes de ses engagements, qui lui imposeront notamment de mettre en place dès le mois de juin de nouvelles mesures d'économies, pour un montant sur deux ans de 11,5 milliards d'euros. «Si les électeurs grecs votent pour une majorité qui n'honore pas ces engagements, la Grèce devra en supporter les conséquences», a déclaré selon les médias grecs le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, dans un discours à Cologne. L'adhésion à l'UE est «un acte volontaire», a-t-il insisté, alors que près de la moitié des électeurs grecs pourraient selon les sondages voter pour les petites formations qui de l'extrême gauche à l'extrême droite rejettent les diktats de l'austérité.

«Le sort de l'euro se joue dans les urnes grecques»

L'UE et le FMI font pourtant dépendre de leur respect la poursuite du soutien au pays, confronté sans cela à une banqueroute qui ferait vaciller la monnaie unique. A Bruxelles aussi, le journal Le Soir s'inquiétait: «Le sort de l'euro se joue dans les urnes grecques», titrait-t-il vendredi, jugeant que ce scrutin pourrait «avoir un impact bien plus rapide sur l'Europe», que la présidentielle française. L'organisation bancaire internationale IIF, partenaire d'Athènes pour la restructuration de la dette grecque a elle aussi mis en garde vendredi contre une domination du bloc du «non» à l'austérité, qu'elle estime à «60% des votes ou plus», «ce qui rendrait difficile un mandat populaire clair pour soutenir l'ajustement budgétaire et les réformes».

Ce désaveu des artisans locaux de la rigueur, le Pasok socialiste, qui devrait perdre plus de la moitié de ses 44% d'électeurs de 2009 et la Nouvelle-Démocratie conservatrice, à qui sa victoire annoncée autour de 25% ne donnera pas le pouvoir, se combine toutefois avec une forte europhilie. Au fil des sondages, le soutien de plus de trois-quarts des Grecs à l'euro n'a encore jamais été démenti. Reprenant le dilemme posé par le dirigeant socialiste Evangélos Vénizélos, qui a tenu vendredi soir son dernier meeting à Athènes, le quotidien Ethnos (populaire socialiste) titrait ainsi samedi sur «la grande décision» attendant les électeurs: «euro et stabilité ou cité à la dérive». Porte-parole de la Nouvelle-Démocratie (ND), le journal Elefthéros Typos relevait aussi «le besoin de stabilité» pour le pays.

«Le fascisme surgit du désespoir grec»

Le pays attend encore 160 milliards d'ici 2015, en sus de 98 milliards déja versés depuis mai 2010. Il aura d'autant moins de temps à perdre pour se trouver un exécutif que le retour de la troïka, le trio de représentants de l'UE et du FMI surveillant son ajustement est prévu pour la mi-mai, moment où il devra aussi envoyer un représentant à une réunion de l'Eurogroupe. Le FMI a rappelé cette semaine que «rien n'a changé» sur ce qui sera alors demandé au gouvernement, soit «la mise en oeuvre des principaux objectifs» de redressement, avalisés par le Pasok et la ND depuis leur alliance dans un cabinet de crise en novembre.

Au royaume de la finance, c'est toutefois plutôt la percée prévue du groupe néo-nazi Chryssi Avghi (Aube dorée) qui nourrissait les craintes: «Le fascisme surgit du désespoir grec», s'émeuvait le quotidien britannique de centre-gauche The Independant, jugeant que la réponse au dilemme l'euro ou le non se trouvait dans un relâchement de l'austérité au profit de la relance.